Le gouvernement américain a tenté de renforcer son contrôle sur quatre nouveaux médias d’État chinois aux Etats-Unis, accusés d’être des « organes de propagande ».

« Afin d’assurer une plus grande transparence des entités dirigées par le Parti communiste chinois aux Etats-Unis, j’ai demandé de désigner quatre organes de propagande de la République populaire de Chine supplémentaires comme missions diplomatiques étrangères », a annoncé le chef de la diplomatie américaine, Mike Pompeo, sur Twitter.

Cette décision intervient moins d’une semaine après sa réunion de crise à Hawaï avec le haut responsable chinois, Yang Jiechi, qui n’aura finalement pas permis d’apaiser les tensions entre la Chine et les Etats-Unis.

Mike Pompeo avait donné le ton des échanges prévus avec la Chine, il avait alors prononcé un réquisitoire sévère contre la Chine, un « acteur voyou » coupable à ses yeux d’innombrables torts.

Mike Pompeo avait assuré avoir tenu ce même message « très franc » à Yang Jiechi, et qu’il l’avait prévenu que son gouvernement observerait de près les prochaines actions de la Chine, du coronavirus à Hong Kong jusqu’aux tensions avec l’Inde.

Lire aussi : La Chine s’oppose à la désignation des médias comme « missions à l’étranger »

Le changement de statut des médias chinois implique que « dorénavant, ils devront notifier au département d’Etat la liste de leur personnel » et « de leurs biens immobiliers », a précisé le secrétaire d’État américain adjoint pour l’Asie de l’Est, David Stilwell, lors d’un point presse.

Il n’a pas précisé si le gouvernement américain obligerait les médias de Chine à réduire le nombre de leurs correspondants aux Etats-Unis.

Cette mesure contre la Télévision centrale de Chine (CCTV), l’agence China News Service, le Quotidien du peuple et le Global Times s’ajoute à une décision identique déjà prise en février 2020 contre cinq autre médias publics chinois : l’agence de presse Xinhua, China Global Television Network, China Radio International et les distributeurs américains du Quotidien du Peuple et du China Daily.

En début d’année, cette mesure avait marqué le début d’une escalade des tensions entre la Chine et les Etats-Unis, qui s’affrontent déjà sur plusieurs fronts, notamment au sujet de la gestion du nouveau coronavirus.

Fin février, trois journalistes du Wall Street Journal ont été expulsés de Chine en représailles au titre d’une tribune parue dans le quotidien américain et jugé raciste par Beijing. Par la suite, Washington avait fortement réduit le nombre de chinois autorisés à travailler pour les médias d’État de leur pays aux Etats-Unis.

Lire aussiColère contre le titre «la Chine est le vrai homme malade de l’Asie».

Les autorités chinoises avaient alors riposté en expulsant d’autres correspondants américains, travaillant pour le Wall Street Journal, le New York Times et le Washington Post.

Interrogé sur le risque que l’annonce , côté chinois, entraîne de nouvelles représailles contre des journalistes américains travaillant en Chine, David Stilwell n’a pas exclu ce scénario. « Le gouvernement chinois fait ce qu’il fait », et s’il invoque « ce que nous faisons contre lui, ce n’est qu’un prétexte », a-t-il assuré.

« Essayer de faire un lien entre ce que nous faisons pour nous défendre et ce qu’ils décident de faire, c’est-à-dire expulser les meilleurs journalistes d’investigation, notamment ceux qui parlent chinois, ça c’est leur responsabilité », a-t-il martelé.