Les présidents de la Chine, Xi Jinping, et de la Russie, Vladimir Poutine, se sont rencontrés le 15 septembre en Ouzbékistan pour un sommet régional dans un contexte de crises diplomatiques internationales.

Xi Jinping et Vladimir Poutine seront rejoints dans la ville de Samarcande, une étape-clé sur l’antique Route de la soie. Ils ont assisté au sommet de deux jours de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS), en présence des dirigeants de l’Inde, du Pakistan, de la Turquie, de l’Iran et d’autres pays.

La principale réunion de ce sommet aura lieu le 16 septembre. Pourtant les yeux sont rivés sur la rencontre bilatérale entre les présidents chinois et russe de ce 15 septembre.

Vladimir Poutine est arrivé le 15 septembre dans la matinée, et a été accueilli sur le tarmac par une garde d’honneur. Son homologue chinois était, lui, arrivé la veille. Pour Vladimir Poutine, qui se concentre désormais vers l’Asie suite aux sanctions occidentales contre Moscou pour son invasion de l’Ukraine, ce sommet est l’occasion de montrer que la Russie n’est pas isolée sur la scène mondiale.

Xi Jinping réitère les liens avec la Russie

Xi Jinping effectue lui son premier déplacement à l’étranger depuis le début de la pandémie de coronavirus. Il pourra y renforcer sa stature de dirigeant de premier plan avant le Congrès national du PCC, le 16 octobre.

Pour certains observateurs, leur rencontre est un défi lancé aux Etats-Unis, qui ont pris la tête des sanctions contre Moscou et du soutien militaire à Kiev et suscité la colère de Pékin avec la visite de plusieurs responsables américains à Taïwan.

« La Chine est disposée à travailler avec la Russie afin d’élargir leur soutien mutuel solide sur les sujets relatifs à leurs intérêts fondamentaux respectifs », a déclaré Xi Jinping lors d’une rencontre avec son homologue russe, Vladimir Poutine.

« La Chine est également prête à approfondir la coopération pragmatique dans des domaines tels que le commerce, l’agriculture et la connectivité », a ajouté le président chinois.

Selon l’agence de presse, Xinhua, ce dernier a appelé les deux parties à renforcer la coordination au sein de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS), de la Conférence sur l’interaction et les mesures de confiance en Asie, des BRICS et d’autres mécanismes multilatéraux, avec l’objectif de promouvoir la solidarité et la confiance mutuelle entre les parties concernées.

Le président chinois a aussi indiqué que la Chine et la Russie devaient élargir leur coopération pragmatique, défendre la sécurité et les intérêts de la région, ainsi que préserver les intérêts communs des pays en développement et des pays à marché émergent.

L’OCS, une alternative aux occidentaux

« L’Organisation de coopération de Shanghai offre une alternative réelle aux structures orientées vers l’Occident », a assuré le conseiller diplomatique du Kremlin, Iouri Ouchakov. Il s’agit selon lui de la « plus grande organisation du monde, qui comprend la moitié de la population de la planète » et elle oeuvre pour un « ordre international juste ».

L’OCS, dont les membres sont la Chine, la Russie, l’Inde, le Pakistan et les ex-républiques soviétiques d’Asie centrale, a été créée en 2001 comme un outil de coopération politique, économique et sécuritaire concurrent des organisations occidentales.

Ce n’est pas une alliance militaire comme l’Otan, ni d’une organisation d’intégration politique comme l’Union européenne, mais ses membres travaillent pour répondre à des défis sécuritaires communs et promouvoir le commerce.

Outre Xi Jinping, Vladimit Poutine s’entretiendra séparément jeudi avec le président iranien Ebrahim Raïssi, dont le pays veut adhérer à l’OCS, et le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif. Vendredi, ce sera avec le Premier ministre indien Narendra Modi et le président turc Recep Tayyip Erdogan.

La dernière rencontre entre Vladimir Poutine et Xi Jinping remonte à février dernier, lorsque le président russe s’était rendu aux Jeux olympiques d’hiver de Pékin, quelques jours avant l’offensive de Moscou contre l’Ukraine. Sans explicitement soutenir l’intervention russe, Pékin n’a pas condamné Moscou pour son invasion en Ukraine. Moscou, de son côté, a soutenu la position de la Chine lors des récentes tensions autour de Taïwan.

En août, Pékin a aussi pris part à des manoeuvres militaires conjointes en Russie, avant d’accepter de régler ses contrats gaziers avec Moscou en roubles et en yuans.