Le ministre des affaires étrangères, Wang Yi, a de nouveau exhorté les États-Unis à stopper les manœuvres militaires, se déroulant actuellement en Corée du Sud.

« La poursuite des essais nucléaires viole les résolutions de l’ONU, mais la poursuite des manoeuvres militaires autour de la péninsule ne respecte pas non plus les résolutions de l’ONU« , a indiqué le chef de la diplomatie chinoise.

Ce dernier a réitéré sa demande de mettre fin aux exercices militaires des armées américaine et sud-coréenne, lors d’une conférence de presse à Berlin à l’occasion d’une rencontre avec son homologue allemand, Sigmar Gabriel.

Séoul a annoncé des exercices conjoints avec un porte-avions américain attendu prochainement dans la région. De son côté, Washington a dépêché le porte-avions nucléaire Carl Vinson et son escorte dans la péninsule coréenne.

Ministre des affaires étrangères, Wang Yi

Pour Wang Yi, « le danger que de nouveaux conflits éclatent à tout moment est grand, c’est la raison pour laquelle nous appelons toutes les parties à faire preuve de sang-froid et à éviter tout acte ou parole qui pourrait conduire à de nouvelles provocations« .

Ce dernier a estimé que « même 1% de risque ne pouvait être toléré », car une guerre aurait des conséquences « inimaginables ».

Des exercices contestés

Steven Porter du 66ème régiment de chasseurs de la 2ème division d’infanterie, a expliqué à l’agence de presse sud-coréenne, Yonhap, que l’exercice était « très important pour aider à maintenir la vigilance des alliés », et ainsi « pouvoir travailler ensemble dans un vrai combat ».

Ce mardi 25 avril, la Corée du nord a effectué un exercice de tirs d’artillerie de grande envergure aux alentours de la frontière est, lors du 85ème anniversaire de l’Armée populaire de Corée (APC). A cela s’est ajouté, une parade militaire présidée par Kim Jong-un, pour le 105e anniversaire du fondateur défunt de la Corée du Nord, Kim Il-sung.

L’exercice militaire sud-coréano-américain de 45 minutes s’est déroulé sur la base d’une attaque surprise contre cinq postes de garde sud-coréens. Il a eu lieu sur le champ d’entraînement de Seungjin à Pocheon, à quelque 30 kilomètres au sud de la Zone démilitarisée (DMZ) séparant les deux Corées.

Face à ces exercices, Beijing a de nouveau rappelé sa position sur ce dossier, privilégiant une solution dite de « suspension contre suspension ». Si Pyongyang interrompt ses activités nucléaires et balistiques, Washington devra cesser ses manœuvres militaires communes avec la Corée du Sud.

Pyongyang et Washington refusent cette solution, or Beijing maintient qu’il s’agit de « la seule option réalisable », mettant au défi l’administration Trump de trouver « une meilleure proposition ».

Washington exhorte la Chine à faire pression sur Pyongyang, mais Wang Yi a indiqué que « la Corée du Nord est un État souverain et doit décider elle-même si elle veut ou non stopper ses activités nucléaires ».

« Naturellement nous estimons aussi que ces activités ne sont pas dans l’intérêt de la Corée du Nord », a ajouté le ministre. Pour le gouvernement chinois, il appartient surtout à la Corée du Nord et aux États-Unis de régler le problème.

Le THAAD, au centre des préoccupations chinoises

THAAD

L’armée américaine vient de livrer les premiers éléments du bouclier antimissile THAAD sur le site où il sera installé à Séoul. Ce projet destiné devrait contrer la menace nord-coréenne, mais Beijing réfute cette thèse, craignant que ce bouclier n’entrave ses propres missiles.

C e mercredi 26 avril, « la Chine a exprimé mercredi sa vive inquiétude à Washington et Séoul après que des pièces du système de défense anti-missile THAAD ont été acheminées vers la Corée du sud pour y être déployées« .

Le porte-parole du ministère des affaires étrangères, Geng Shuang, a appelé les Etats-Unis et la Corée du sud « à retirer l’équipement et à cesser le déploiement ».

Pour Beijing, « le déploiement du système de défense anti-missile THAAD portera atteinte à l’équilibre stratégique dans cette région, détériorera la situation tendue sur la péninsule coréenne, ne sera pas favorable à la dénucléarisation de la péninsule coréenne et menacera la paix et la stabilité dans la région« .

Geng Shuang a prévenu que le gouvernement « prendra avec fermeté les mesures nécessaires pour sauvegarder ses propres intérêts ».