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CULTURE

113 ORS d’Asie Prolongation jusqu’au 16 octobre 2017

Fort du succès de l’exposition, le MNAAG joue les prolongations pour un mois supplémentaire, occasion unique de venir découvrir ou redécouvrir 113 chefs-d’œuvre éblouissants issus des collections du musée.

Sur tout le continent asiatique, l’or tient une place centrale. Présent dans la symbolique du bouddhisme, dans toutes ses variations et pour une moindre part, l’hindouisme et le jainisme, le lumineux métal est le fil conducteur de l’exposition qui interroge ses propres collections – dont certaines rarement sorties des réserves, restaurées ou nouvellement acquises.

Avec un regard d’orfèvre, le MNAAG pose ainsi le cadre des échanges du métal inaltérable et des raisons de sa rareté, qu’il soit poudre d’or au Japon, en Chine ou en Corée, émissions monétaires dans l’Afghanistan kouchane ou parure de maharajahs indiens.

Les techniques d’extraction et du travail de l’or sont abordées en préambule, avant qu’un florilège de splendeurs ne raconte sa fabuleuse épopée, les raisons de son attrait et pouvoir de séduction en Asie, mille et une histoires d’or autour de 113 pièces.

L’or fut hautement recherché pour sa parfaite pureté comme l’exige la loi bouddhique. C’est d’ailleurs le bouddhisme qui lui ouvre de vastes horizons aux résonances toutes symboliques : comment la lumineuse carnation du Bouddha ne pourrait être mieux évoquée que par l’or ?

Vecteur d’éternité, l’or tient dans la parure funéraire, comme dans la conservation de la mémoire, une fonction de premier ordre, offrant à la statuaire une forte unité visuelle à l’échelle du continent asiatique ; lorsque l’or est absent, le bronze ou le bois doré en jouent les substituts.

Promesse d’éternité, l’or défie le temps humain et assure la transmission : l’empereur de Chine, Qianlong, ne fit-il pas calligraphier à l’encre d’or sur des plaques de jade, ses propres écrits sur l’éthique et la philosophie politique, à l’occasion de son quatre-vingtième anniversaire ?

Symbole du pouvoir et de la richesse, l’or et ses fastes sont évoqués depuis les très anciens témoignages de la Chine des Shang, ceux des tombes des environs de Pondichéry jusqu’à la production d’objets de luxe dans l’Inde moghole. En Afghanistan, durant la dynastie kouchane (1er – 3e siècle), le monnayage en or apparaît et la monnaie d’or qui fait référence à l’irruption des nomades dans le monde sédentaire, exprimait aussi l’immense prestige et la puissance du souverain, à l’époque l’Altaï étant la source de l’or. En écho au monde des steppes, certains objets archéologiques tel qu’une très rare couronne du royaume de Silla en Corée (5e – 6e siècle) attestait de l’importance du faste dans la péninsule.

Au Japon, l’or habille de grâce les éblouissants objets de laque, les paravents et textiles de l’apogée bourgeoise, les plus raffinés comme les plus frivoles du monde flottant, rappelant ici que la fascination pour le métal magique n’empêche pas le vieil adage : « tout ce qui brille n’est pas or ».

L’exposition est organisée par le Musée national des arts asiatiques – Guimet

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