Près d’une cinquantaine de membres de la mouvance pro-démocratie à Hong Kong ont été inculpés le 28 février pour « subversion », en raison des primaires de l’été 2020.

Ce groupe est le plus important à avoir été inculpé le même jour au nom de la loi sur la sécurité nationale. Les 47 personnes inculpées faisaient partie des 55 personnes, dont certaines des figures les plus connues de l’opposition hongkongaise, qui avaient été arrêtées début janvier 2021.

La police a annoncé que 47 personnes étaient poursuivies pour « complot en vue de commettre un acte de subversion », l’une des qualifications visées par la loi sur la sécurité nationale que la Chine a instaurée à Hong Kong suite aux manifestations de 2019.

Ces inculpations portent un coup au camp pro-démocratie. « Toutes les voix principales du mouvement pro-démocratie à Hong Kong sont maintenant en prison, en exil ou bien inculpées de subversion », a twitté la militante Sophie Mak.

De son côté, l’Union européenne a fait part de sa « forte inquiétude ». « La nature de ces accusations montrent clairement que le pluralisme politique légitime ne sera désormais plus toléré à Hong Kong », a souligné le bureau de l’UE à Hong Kong.

Hong Kong avait traversé sa pire crise politique depuis sa rétrocession en 1997 à la Chine, à travers des manifestations monstres ayant durées plusieurs mois. La Chine a alors décidé de mettre en place une série de mesure à Hong Kong.

La police a précisé qu’au total, 39 hommes et huit femmes âgés de 23 à 64 ans avaient été inculpés. Les personnes inculpées représentent plusieurs une large part de l’opposition à Hong Kong, avec d’anciens députés comme Claudia Mo, des universitaires comme Benny Tai, des avocats, des travailleurs sociaux et nombre de militants plus jeunes comme Joshua Wong.

Les 47 sont poursuivis en lien avec les primaires de l’opposition, auxquelles 600.000 personnes ont participé en juillet 2020, afin de capitaliser aux législatives de septembre 2019 suite à la popularité de la mobilisation de 2019. L’opposition avait triomphé fin 2019 aux élections locales. Les élections ont finalement été reportées d’un an en raison du coronavirus.

Ces primaires avaient déclenché les foudres de la Chine qui les a présentées comme une « grave provocation », une tentative de paralyser le gouvernement de la ville, et prévenu que la campagne pouvait relever de la « subversion » en vertu de la loi sur la sécurité nationale.

La plupart des candidats avaient par la suite été disqualifiés par les autorités, qui avaient finalement reporté d’un an le scrutant, en invoquant le prétexte de la pandémie.