Les 193 pays membres des Nations Unies sont parvenus mardi à un accord sur le budget des opérations de paix permettant d’éviter un gel des missions à partir de ce 30 juin.

Un projet de résolution a été adopté par la 5e commission de l’Assemblée générale de l’ONU qui traite des affaires financières. Le budget entériné est évalué à quelque 6,5 milliards de dollars (5,85 mds€) et couvre 12 mois comme chaque année, de juillet 2021 à juin 2022, selon certains diplomates, interrogés par l’agence de presse, Belga.

Son montant est globalement le même que celui adopté l’an dernier. « Toutes les demandes de toutes les délégations ont été simultanément abandonnées, permettant l’adoption d’une résolution », a déclaré un diplomate sous couvert d’anonymat.

L’Assemblée générale de l’ONU doit approuver formellement ce 30 juin la résolution qui permettra aux missions déployées dans le monde avec environ 100.000 Casques bleus de poursuivre leurs dépenses et d’assurer la continuité des opérations.

« Nous aurons désormais l’autorisation pour les dépenses nécessaires à partir du 1er juillet sans aucune interruption des opérations, ce qui est une bonne nouvelle », a salué le porte-parole de l’ONU, Stéphane Dujarric.

« La réduction des opérations aurait limité la capacité des missions à mettre en oeuvre leurs mandats, y compris, par exemple, le soutien aux pays dans la réponse à la pandémie de Covid-19, la protection des civils et d’autres activités critiques des missions », a-t-il rappelé.

Selon des diplomates, la Chine est le 2e contributeur financier à hauteur de 15% derrière les Etats-Unis (25%) cette année. « La Chine paie tellement aujourd’hui qu’elle veut contrôler la moindre dépense et a pris en otage les lignes budgétaires tant qu’un accord global n’était pas conclu », a raconté un diplomate sous couvert d’anonymat.

Interrogée, la mission chinoise aux Nations Unies s’est défendue de toute obstruction. Or selon ces sources, l’absence d’accord sur le budget pour l’année à venir des opérations de paix qui expire le 30 juin vient notamment de la Chine et de pays africains qui ont multiplié des demandes de dernière minute.

Le budget des opérations de la paix (une vingtaine dans le monde) s’élève à environ 6,5 milliards de dollars (5,85 mds €). Interrogé par l’AFP sur l’absence d’accord au sein de l’Assemblée générale de l’ONU, Stéphane Dujarric, le porte-parole de l’ONU, a indiqué que les missions de paix avaient été prévenues.

Les dirigeants des missions ont eu l’ordre de préparer des plans au cas où les missions devraient s’interrompre, selon lui. «Nous espérons qu’ils (les États membres) parviendront à un accord rapidement», dit-il, soulignant qu’à défaut les missions de paix ne pourront plus engager de dépenses à compter du 1er juillet.

Dans ce cas, le secrétaire général de l’ONU ne pourra effectuer des dépenses que pour la sécurité des personnels civils, militaires et civils mobilisés dans les opérations de Casques bleus, a ajouté le porte-parole.

« En tant que pays responsable, la Chine joue toujours un rôle constructif » et a favorisé « les progrès de la 5e commission dans la phase finale de ses travaux », a assuré un porte-parole de la mission chinois.

Dans une déclaration, l’Union européenne, dont les contributions financières de ses membres participent à hauteur de 24% du budget des opérations de paix, a vivement déploré l’absence de consensus sur le projet de texte.

« Notre incapacité chronique à respecter les délais met l’ensemble de l’architecture de maintien de la paix dans un danger sans précédent », a souligné Thibault Camelli, membre de la mission de l’UE auprès de l’ONU. A l’avenir, « nous espérons revenir à des approches plus constructives », a-t-il ajouté, sans citer de pays.

Le budget des opérations de paix est séparé du budget annuel de fonctionnement de l’ONU (3,07 milliards de dollars), qui s’étend de janvier à décembre 2021.

En avril 2021, la Chine avait annoncé avoir payé entièrement sa contribution à l’ONU pour 2021, au budget de fonctionnement comme aux opérations de paix. «Au préalable (le 28 février), la Chine avait réglé ses arriérés pour sept opérations de paix», a précisé un communiqué de la mission chinoise auprès de l’ONU.

En qualité de «deuxième contributeur au budget de fonctionnement de l’ONU et à celui du maintien de la paix, la Chine a toujours soutenu activement le travail des Nations Unies, fermement sauvegardé le système international et soutenu le multilatéralisme par des actions concrètes», a ajouté le communiqué.

La Chine est devenue le deuxième principal contributeur financier en 2016 aux opérations de paix de l’ONU et en 2019 au budget de fonctionnement, devançant le Japon. «La Chine a rempli ses obligations financières intégralement, à temps et sans conditions conformément à la Charte des Nations Unies, ce qui démontre le rôle qu’elle joue en tant que grand pays responsable», a souligné le communiqué de la mission chinoise.