Les discussions exploratoires entre Ottawa et Beijing en vue de signer un traité de libre-échange sont au point mort depuis la crise diplomatique. Celle-ci a été enclenché lorsque Meng Wanzhou, directrice financière de Huawei, a été arrêté.

Le Premier ministre canadien, Justin Trudeau, et son homologue, Li Keqiang, ont lancé à Montréal en septembre 2016 ces «discussions exploratoires» avec l’objectif de signer un accord de libre-échange, destiné à doubler le commerce bilatéral d’ici 2025.

«Nous n’avons aucune excuse, nous devons réussir cette coopération gagnant-gagnant», avait alors lancé Li Keqiang, soulignant la «confiance politique mutuelle» entre les deux gouvernements et promettant même une «décennie dorée» entre eux.

Mais depuis l’arrestation à Vancouver le 1er décembre, à la demande de la justice américaine, de la directrice financière du géant chinois des télécoms Huawei, les relations diplomatiques sont devenues glaciales.

La Chine a par la suite arrêté deux Canadiens et condamné à mort un troisième, assurant que ces mesures n’étaient pas liées à l’affaire Huawei. Dans ce contexte, les négociations pour un accord de libre-échange «n’est pas au programme en ce moment», a déclaré l’ambassadeur canadien en Chine, John McCallum, le 18 janvier devant la presse.

Par le passé, «nous avons discuté de libre-échange avec la Chine», a-t-il reconnu. Toutefois, des négociations formelles «n’ont pas été ouvertes» et vu le climat actuel «ce n’est absolument pas quelque chose que nous envisageons actuellement».

«Ma priorité est de faire libérer les deux personnes et de sauver la vie de la troisième», a-t-il rappelé. L’ambassadeur compte sur l’intervention des alliés du Canada (Etats-unis, Union Européenne, Royaume-Uni, …) pour mettre fin à ce conflit diplomatique.

«La Chine est un grand pays. Et je pense que nous seuls nous ne pourrons peut-être pas résoudre le problème. […] Les alliés du Canada se sont manifestés en grand nombre et nous leur sommes tous reconnaissants», a-t-il dit.

Pour John McCallum, la bonne stratégie est de convaincre les hommes d’affaires chinois que ce n’est pas dans l’intérêt de leurs business, ni de leur pays, d’arrêter et de condamner des citoyens étrangers pour les «utiliser comme monnaie d’échange».

Cependant, l’ambassadeur ne pense pas que tous les Canadiens doivent éviter de voyager en Chine, il leur conseille de bien lire les avis de voyage émis par le ministère canadien des Affaires mondiales et d’éviter tout déplacement en cas de mauvaises expériences passées avec les autorités chinoises.