Le gouvernement chinois a dit condamner « l’oppression politique des Etats-Unis contre les médias chinois dans le pays ». Cette réaction intervient après la décision de l’administration Trump de réduire de près de la moitié le nombre de ressortissants chinois autorisés à travailler pour les médias d’État de Beijing aux Etats-Unis.

Zhao Lijian, porte-parole du ministère des Affaires étrangères, a annoncé que le gouvernement « condamne fermement la répression politique du Département d’État américain imposée sur les bureaux des organes de presse chinois aux Etats-Unis sur la base douteuse de la mentalité de la guerre froide et du préjugé idéologique ».

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Le Département d’État américain a annoncé lundi que le gouvernement américain limiterait à partir du 13 mars le nombre de ressortissants chinois autorisés à travailler pour les cinq médias chinois désignés comme « missions étrangères ».

« Considérant l’état actuel des relations sino-américaines, ce que les Etats-Unis ont fait aura un impact négatif important et portera atteinte aux relations bilatérales », a indiqué Zhao Lijian, lors d’une conférence de presse.

« Nous exhortons les Etats-Unis à corriger immédiatement leur trajectoire et leurs erreurs. La partie chinoise se réserve le droit de répondre à cela et de prendre des actions supplémentaires », a ajouté ce dernier.

Zhao Lijian a indiqué que les journalistes chinois stationnés aux Etats-Unis avaient strictement respecté les lois et règlements des Etats-Unis et avaient effectué leurs reportages selon le principe d’objectivité, d’impartialité, de véracité et d’exactitude.

« Leur professionnalisme est reconnu. La partie américaine n’a aucun fondement ou raison pour prendre une telle action à l’encontre des journalistes chinois », a assuré ce dernier.

Washington « a mené une escalade de l’oppression contre les journalistes ». « Suite à leur oppression croissante, les activités normales de reportage des journalistes chinois, la réputation des organes de presse chinois et les échanges normaux entre les personnes ont été gravement endommagés », a expliqué le porte-parole.

« S’enorgueillissant de leur liberté de la presse, les Etats-Unis perturbent et entravent maintenant le travail des médias chinois », a déclaré ce dernier, assurant qu’un « tel comportement à deux visages a révélé son hypocrisie concernant la soi-disant liberté de la presse. Il ne s’agit ni plus ni moins que d’un deux poids, deux mesures et d’une intimidation ».

Pour Washington, ces restrictions sont en représailles de l’expulsion de journalistes du journal Wall Street Journal, après la publication d’une tribune intitulée «La Chine est le véritable homme malade de l’Asie», une expression très offensante dans ce pays.

Cependant, l’administration Trump a précisé que ces nouvelles mesures avaient un but de « réciprocité ». Pour Zhao Lijian, « la demande constante des États-Unis pour la réciprocité est essentiellement un préjugé, une discrimination et une aversion contre les médias chinois ».

« La Chine n’avait jamais imposé de plafond sur le nombre de bureaux et d’employés des médias américains en Chine », a annoncé ce dernier, assurant que « le nombre de personnes qu’ils veulent envoyer ici est leur choix et non le résultat des restrictions de la Chine. »

Le porte-parole chinois a rappelé que les Etats-Unis avaient rejeté et retardé la délivrance de visas aux journalistes chinois depuis 2018 afin de restreindre leurs visites aux États-Unis, alors qu’au moins 21 journalistes chinois se sont vu refuser un visa depuis l’année dernière. Selon lui, la Chine ne compte que neuf agences de presse aux Etats-Unis, alors qu’il y a 29 médias américains en Chine.