Le numéro deux des télécoms, China Unicom, a dévoilé la vente de parts pour 9,9 milliards d’euros à des investisseurs privés, dont le géant Alibaba, mais la compagnie a rapidement retiré son communiqué annonçant l’opération et suspendant également son titre en Bourse.

La confusion aura été générale, car cette levée de fonds devait ouvrir le capital du groupe étatique à des investisseurs privés. Une opération très attendue, qui aurait été la plus ambitieuse opération à ce jour dans le cadre des réformes d' »actionnariat mixte » engagées par le gouvernement.

Une opération ambitieuse

Jack Ma, fondateur d’Alibaba

Dans un communiqué publié le 16 août dans la soirée, China Unicom assurait que son conseil d’administration avait approuvé la vente de participations à une dizaine d’investisseurs. Parmi les acquéreurs mentionnés figuraient Baidu, Tencent, Alibaba et JD.com, l’assureur China Life et des fonds d’investissement.

Globalement, ces divers investisseurs posséderont 35,19% de l’entité du groupe cotée à Shanghai, pour un apport de fonds dépassant 77,9 milliards de yuans (10,5 milliards d’euros), précisait le communiqué.

China Unicom précisait également que cet argent frais servirait au développement des futurs réseaux 5G du groupe. Mais le communiqué a semé le trouble, la société a rapidement retiré son communiqué du site de la Bourse de Shanghai après l’y avoir posté, contestant la véracité du texte.

Par ailleurs, le fabricant de trains CRRC, mentionné dans le dossier de presse fourni par China Unicom, a démenti sa participation, selon l’agence Bloomberg.

Suspension de l’action

Le titre de Chine Unicom restait suspendu jeudi 17 août sur les Bourses de Shanghai et de Hong Kong. L’action est suspendue à Shanghai depuis début avril. « Pour des raisons techniques, le groupe a demandé à ce que la suspension se poursuive » mais publiera de nouvelles informations « dans les trois jours ouvrés« , a assuré China Unicom.

« La confusion a régné jusqu’au dernier moment (…) cela montre leur incompétence« , a expliqué Francis Lun, patron du courtier Geo Securities cité par Bloomberg, dénonçant « une communication mensongère« .

Cette confusion a créé des doutes sur le bienfondé de la réforme structurelle des entreprises publiques. D’autant plus que l’endettement net de China Unicom a augmenté de 20% entre 2012 et 2017, dépassant les 19 milliards d’euros. Cette situation s’explique par le développement d’équipements télécoms coûteux, qui pourraient malgré tout profiter aux groupes technologiques privés du pays.

4 jours plus tard, envolée de l’action

China Unicom a vu son titre s’envoler en Bourse lundi 21 août après avoir finalement confirmé la levée de 9,9 milliards d’euros auprès d’investisseurs privés tels que les géants internet Baidu et Alibaba, après une communication brouillone ayant semé la confusion.

Les signaux contradictoires ont semé le trouble et entretenu des doutes sur le déroulement de l’opération. Finalement, CUNC, l’entité de China Unicom cotée à Shanghai, a confirmé 4 jours plus tard, le 21 août, qu’ella allait bien vendre des participations pour un total de 77,9 milliards de yuans à dix investisseurs.

Une fois la transaction finalisée, l’entité shanghaïenne de China Unicom restera contrôlée par le groupe étatique. Une société financière de Tencent s’est associée pour l’occasion à un partenaire étatique pour acquérir 5,33% de China Unicom, pour 11 milliards de yuans (1,5 milliards €). Baidu s’emparera de 3,99% pour 7 milliards de yuans (938 millions d’euros).

Dans un communiqué dimanche 20 août, le régulateur bancaire a confirmé avoir donné son feu vert, insistant sur le caractère « exceptionnel » de cette levée de fonds. Rassurés, les investisseurs ont accueilli avec enthousiasme la confirmation de cette « privatisation partielle » d’une ampleur jusqu’alors inégalée, et ont salué la reprise des échanges sur le titre de China Unicom après quelque 4 mois d’interruption.

Finalement, l’action CUNC bondissait de 10% le 21 août après-midi à  la Bourse de Shanghai, il s’agit de la hausse quotidienne maximale permise par le régulateur. Alors qu’à Hong Kong, le titre de China Unicom s’envolait de plus de 8%.