Jour du scrutin aux Etats-Unis, les chinois ont rit de cette campagne acharnée entre les deux candidats, Hillary Clinton et Donald Trump. Les autorités en ont profité pour dénigrer la démocratie américaine, alors que les internautes ont passé plusieurs semaines à commenter et se moquer de duel.

2012 - Premier ministre, Wen Jiabao et la secrétaire d’État, Hillaru Clinton

2012 – Premier ministre, Wen Jiabao et la secrétaire d’État, Hillaru Clinton

Pour l’agence de presse Xinhua, « les innombrables scandales, rumeurs, théories du complot et obscénités font qu’il est impossible de détourner le regard » du scrutin américain. Dans le même ordre d’idée, le site du Quotidien du peuple a considéré les débat entre les deux candidats montraient « clairement le déclin » du système politique américain.

 Cette image négative des élections est également partagée par les personnes interrogées par Radio France Internationale, comme cette jeune femme de 26 ans, qui assure que « cette élection n’est qu’une bataille entre groupes d’intérêts. Les citoyens ont le droit de vote, tout semble démocratique, mais ce n’est que de façade. Les discours des candidats ne sont ni sérieux, ni solennels. Il n’y a que des attaques personnelles ».

Pour sur Weibo, Donald Trump est très populaire, alors qu’Hillary Clinton est la plus mal-aimée des politiciens américains. D’après un sondage réalisé en mars 2016 par le Global Times, 54 % des chinois sondés préfèrent le magnat de l’immobilier, et ne se réjouissent pas de la perspective de voir Hillary Clinton devenir la prochaine présidente.

Donald Trump (Wikimedia)

Donald Trump (Wikimedia)

Pour de nombreux chinois, une victoire de Hillary Clinton mettrait en danger les relations entre la Chine et les Etats-Unis, car elle la principale initiatrice de la politique du « pivot asiatique » de l’administration de Barack Obama, destiné à renforcer la présence américaine en Asie pour freiner la montée en puissance de la Chine.

Or Donald Trump propose lui de réduire la présence militaire américaine en Corée du Sud et au Japon. Ce dernier prône également que les conflits régionaux doivent être réglés par les pays qui s’y trouvent. Considéré comme un homme d’affaires pragmatique, il possède un autre atout, son franc-parler qui plaît aux internautes chinois. Ils le voient comme un homme honnête et sensible.

Aimé par une partie des chinois, malgré son ton acerbe envers les autorités. En avril 2016, lors d’un discours dans l’État de l’Indiana, le magnat de l’immobilier a promit une guerre économique contre la Chine.

Ce dernier a alors assuré qu’en cas d’incapacité de renégocier les accords commerciaux avec la Chine, il n’hésitera pas à taxer à hauteur de 45% les exportations chinoises à destination des États-Unis. Une ligne économique surprenante pour un fervent partisan du libre-échange, mais pour lui, les pratiques commerciales injustes de la Chine obligent les États-Unis à exercer des représailles.