Beijing a porté plainte devant l’Organisation mondiale du commerce (OMC) contre l’Union européenne et les États-Unis afin d’obtenir le « statut d’économie de marché », qui lui est refusé par ces derniers.

Cette décision intervient après le dépassement de la date-butoir du 11 décembre, devrait faire de la Chine une économie de marché. En effet, lors de son adhésion à l’OMC en 2001, le pays a été enregistré comme « économie non marchande », pour une durée de 15 ans.

Mais face aux réticences de Washington et Bruxelles, le ministère du Commerce a décidé d’agir. Depuis le 9 décembre, ce dernier a indiqué que le gouvernement allait prendre les « mesures nécessaires pour défendre ses droits légaux si les membres de l’OMC continuent d’utiliser une clause d’économie de non-marché pour évaluer les tarifs de dumping contre le pays ».

Or l’UE et les Etats-Unis refuser cette reconnaissance, car avec ce nouveau statut, ils ne pourront plus  appliquer de droits de douane élevés pour contrer le dumping commercial des entreprises chinoises. Ces dernières sont souvent accusées d’exporter à bas prix, grâce aux subventions publiques.

« Nous regrettons que la Chine porte plainte maintenant alors que la Commission a déjà proposé une proposition pour amender la législation en cause », fait savoir un porte-parole de l’institution européenne. En effet, le Parlement européen doit adopter – ou pas – de nouvelles règles antidumping pour que tous les pays soient traités de la même façon dans les affaires de concurrence déloyale. Cela signifie que les pays avec ou sans le statut d’économie de marché ne seront plus distingués. Par conséquent, la Chine ne serait plus discriminée, tout en pouvant être attaquée par Bruxelles.

Mais pour Shen Danyang, porte-parole du ministère du commerce, la situation est claire. « La Chine s’oppose à l’utilisation continue de ce système d’évaluation (économie non marchande,ndlr) dans les enquêtes antidumping. Certains membres de l’OMC n’ont pas expressément indiqué s’ils respecteraient la 15ème clause pour continuer à utiliser le système de pays de substitution. Nous souhaitons qu’ils respectent les règles », a assuré ce dernier.