Le 20 septembre s’est ouvert à Bruxelles, le 15ème sommet annuel entre l’Union européenne et la Chine, en pleine crise économique et financière internationale. L’Europe espère un soutien de la Chine, qui en contrepartie attend des mesures économiques et diplomatiques en sa faveur.

Ce sommet sera le dernier pour le Premier ministre Wen Jiabao, raison pour laquelle cet évènement n’est pas « un sommet de grandes décisions, (mais, ndlr) plutôt de consolidation » des relations sino-européennes. En effet, la nouvelle équipe dirigeante devra d’ici quelques semaines établir un nouveau mode de relation, afin d’atteindre les objectifs fixés par Pékin.

Un sommet de forme

L’ordre du jour porte – entre autre – sur les questions bilatérales, mondiales et régionales, et notamment les mesures prises récemment pour soutenir la performance de leurs économies. Un point sera également fait sur les progrès réalisés dans la relation bilatérale sept mois après le dernier sommet de février, particulièrement dans les domaines de la coopération au niveau de l’urbanisation, des contacts entre personnes et de la coopération renforcée sur la question de l’énergie.

A la clôture de ce sommet, des accords économiques et commerciaux devraient être signés et une déclaration sur un dialogue de coopération dans le domaine de l’innovation sera établie. D’après le communiqué de presse de l’UE, « ce dialogue servira de plateforme officielle pour les échanges dans le domaine de l’innovation. Il aura lieu chaque année et la première rencontre devra avoir lieu avant le Sommet UE-Chine 2013 ».

Ce sommet arrive « à un moment important pour l’Europe, comme pour la Chine, durant une période de ralentissement économique mondial et dans un contexte international de plus en plus difficile », a noté le communiqué de presse de l’UE. Mais le changement de gouvernement arrivant, aucune décision majeure ne devrait être prise. Il s’agira en réalité d’un sommet « de routine, sans décision majeure« , a indiqué une source européenne à Le Figaro.

Affaiblissement des échanges bilatéraux

UE Chine 2012D’autant plus que l’UE est la première destination des exportations chinoises et le deuxième fournisseur de la Chine. L’Empire du milieu est également le second partenaire commercial de l’Europe, et « pourtant, cette relation s’affaiblit » a indiqué Jonathan Holslag, de l’Institut d’études sur la Chine contemporaine de Bruxelles (BICCS), à l’Agence France Presse.

En effet, les exportations chinoises vers l’UE ont reculé de 4,9% entre janvier et août 2012, tandis que les importations en provenance de l’UE ont augmenté de 3,1%, selon les douanes chinoises. Les principaux pays européens touchés par la diminution des exportations sont l’Italie avec un recul de 26%, la France avec 8,6% et l’Allemagne avec 7,9%.

Malgré ces données en baisse, Wen Jiabao a tenu à affirmer sa bonne volonté face à la chancelière allemande Angela Merkel. En août dernier, il a assuré que Beijing allait continuer à acheter des obligations d’État des pays de l’UE, « à condition d’évaluer pleinement les risques ».

De leurs côtés, le président de l’UE, Herman Van Rompuy et le président de la Commission, José Manuel Barroso, comptent sur les réserves de change, évaluées à plus de 3.200 milliards de dollars, afin de les aider à résoudre la crise de la dette.

Un espoir confirmé par Wen Jiabao, qui a indiqué que la Chine allait continuer « à jouer son rôle pour aider à résoudre la crise de la dette en Europe par les moyens appropriés ». En effet, la Chine a renforcé sa contribution au Fonds Monétaire International en échange d’un renforcement de sa quote-part.

Depuis plusieurs mois, Beijing achète des obligations d’État des pays de la zone euro, tout en « discutant activement de moyens de coopération » avec le fonds de sauvetage permanent de la zone euro, a rappelé le Premier ministre chinois.

Bruxelles attaque la Chine

Aucune décision n’a été arrêtée, lors de ce sommet, notamment sur de nouveaux achats d’obligations ou sur une participation chinoise au fonds de sauvetage de la zone euro. Pour Jonathan Holslag, la décision « ne sera pas prise avant le sommet européen des les 18 et 19 octobre, qui déterminera entre autres le destin de la Grèce ».

Il existe de nombreuses zones de conflit entre la Chine et l’Europe, notamment dans le secteur de l’énergie solaire. Bruxelles a ouvert une enquête antidumping contre les fabricants chinois de panneaux photovoltaïques, en attendant d’éventuelles sanctions en 2013.

La Chine est accusée d’avoir détruit une grande partie du secteur européen en rachetant des sociétés européennes, principalement allemande. En réponse, la Chine met en avant la menace d’une « guerre commerciale ».

Le porte-parole du ministère chinois du Commerce, Shen Danyang, a indiqué la veille du sommet, mercredi 19 septembre, qu’une délégation envoyée par la Chine en Europe sur ce sujet était « parvenue à des résultats assez positifs ».

Cette déclaration est destinée à apaiser les tensions et développer un partenariat économique et commercial solide face à la crise économique et financière internationale.

D’autant que la Chine n’a investi que 3,1 milliards d’euros dans l’UE en 2011, bien que ses réserves de change sont estimées à 3.200 milliards de dollars (plus de 2.780 milliards d’euros). Le faible investissement direct de la Chine pourrait être revu avec la possible acquisition de la China Construction Bank cette année, à hauteur de 15 milliards de dollars (plus de 13 milliards d’euros).