Lancé en 2014, le système « Crédit social » est une méthode de notation des citoyens visant à récompenser les bons comportements et à punir les mauvais via un système de points.

  • 1 000 points en moins est le maximum, en cas de feu rouge grillé
  • 50 points en moins, en cas de négligence vis-à-vis de ses enfants
  • 100 points en moins en cas de critique ou diffamation du parti sur les réseaux sociaux

A contrario, le bénévolat rapporte 10 points, et si le parti vous reconnaît comme citoyen modèle, c’est 100 points de gagné.

Depuis 2014, ce projet gouvernementale va être mit en place d’ici 2020. Les citoyens se voient attribuer une note, dite « crédit social », fondée sur les données dont dispose le gouvernement à propos de leur statut économique et social. Le système repose sur un outil de surveillance de masse et utilise les technologies d’analyse du big data.

Ce système est aussi utilisé pour noter les entreprises opérant sur le marché chinois. Pour la chercheuse Katika Kühnreich, cité par Le Figaro, « un tel système fonctionnera en exploitant les mécanismes du jeu, tels que les scores et la comparaison entre amis, pour devenir un insidieux mais très puissant instrument de contrôle social ».

L’objectif est « la sensibilisation à l’intégrité et à la crédibilité au sein de la société », afin de parfaire l’économie socialiste de marché et de renforcer et renouveler la gouvernance de la société.

Le Système de crédit social est un exemple de l’approche chinoise dite « de haut-niveau », coordonné par la Central Leading Small Group for Comprehensively Deepening Reforms.

Selon le « schéma de programmation pour la Construction d’un Système de Crédit Social (2014-2020) » émis par le gouvernement, le système doit poursuivre quatre objectifs: « l’honnêteté dans les affaires du gouvernement », « l’intégrité commerciale », « l’intégrité sociétale », et « une justice crédible ».

Le gouvernement prévoit un système effectif dès 2020, faisant du système de crédit social une nouvelle façon de contrôler le comportement des individus et des entreprises. Selon la sinologue Séverine Arsène, citée par Le Monde, « ce projet est surtout une nouvelle étape vers un mode technocratique et paternaliste de gouvernement, basé sur un dispositif de surveillance et des incitations et contraintes destinées à orienter en temps réel le comportement des individus ».

Cette dernière a indiqué que « ce système rappelle le dang’an, le dossier individuel tenu par l’unité de travail pendant la période maoïste, mais il en diffère fondamentalement par sa vocation à être montré, tant à l’individu ou à l’entreprise, qu’à ses amis et contacts professionnels ».

Pour Rachel Botsman, du quotidien Wired UK, le processus de gamification est au cœur du système : « le gouvernement tente de faire passer l’obéissance pour un jeu. C’est une méthode de contrôle social déguisée en système de récompense. C’est l’obéissance, mais ludique ».