La pandémie de Covid-19 a exacerbé les échanges internationaux, notamment entre la Chine et les Etats-Unis. L’Organisation Mondiale du Commerce (OMC) a révisé ses premières estimations de croissance et se montre plus optimiste pour 2020 et 2021, malgré de fortes incertitudes.

Covid-19 oblige, les ventes d’équipements de protection individuelle – masques, gants, combinaisons – ont explosé cette année. Depuis début 2020, elles ont augmenté de 49% par rapport à l’an dernier, à 98 milliards de dollars (88,2 mds €).

Les masques seuls ont rapporté 71 milliards, soit une augmentation de 87%. La Chine a remporté 57% du marché mondial, soit près de 40 milliards (36 mds €).

Dans un état des lieux du commerce mondial présenté par l’OMC, après la forte baisse de la croissance due à la Covid-19 dans le monde entre mars et mai, les échanges montrent des signes de reprise ces derniers mois.

Mais dans l’ensemble, l’organisation prévoit une baisse de 9,2% du volume de marchandises pour 2020, puis une hausse de 7,2% en 2021. Cette croissance attendue restera à un niveau nettement inférieur à la tendance d’avant la crise.

«Ces prévisions sont sujettes à un degré d’incertitude exceptionnellement élevé dans la mesure où elles dépendent de l’évolution de la pandémie et des réponses en termes de vaccins et traitements qui pourraient voir le jour ces prochains temps», a mis en garde Xiaozhun Yi, directeur général adjoint de l’OMC.

Dans ses prévisions publiées en avril alors que la pandémie battait son plein, l’OMC avait anticipé une chute des échanges à hauteur de 12,9%. Mais, après les trois mois de grand confinement, les affaires ont légèrement repris à partir de juin.

Selon Xiaozhun Yi, cette reprise s’explique notamment par des mesures fiscales et monétaires mises en place rapidement par certains états, afin de réduire les effets négatifs de la pandémie sur l’économie.

La directrice du Fonds monétaire international (FMI), Kristalina Georgieva, a affirmé que la récession mondiale serait en 2020 un peu moins sévère que prévu. Elle a cependant signalé que l’ascension vers la reprise économique serait «lente, difficile et inégale».

De son côté, l’OMC a réalisé ses prévisions du commerce international sur la base d’un produit intérieur brut (PIB) mondial de -4,8% en 2020, puis de +4,9% en 2021. Le FMI publiera ses prévisions révisées la semaine prochaine à l’occasion de son assemblée générale d’automne.

L’étude de l’OMC fait encore ressortir que la reprise du commerce ne se passe pas de la même façon dans toutes les régions du monde. La chute des exportations sera moindre en Asie, à -4,5% en 2020. En Amérique du Nord et en Europe, elle sera respectivement de -14,7% et de -11,7%. Il en va de même pour les importations: -2,4% pour l’Asie, -8,7% pour l’Amérique du Nord et -10,3% pour l’Europe.

Enfin, l’OMC a noté que la crise sanitaire a provoqué des délocalisations d’usines de Chine vers d’autres pays asiatiques. Cependant, il n’y a pas eu de modification fondamentale dans le commerce de produits intermédiaires et la chaîne globale d’approvisionnement a tenu. Les exportations chinoises dans cette catégorie ont chuté de -7% en juin, mais ont stagné en juillet avant de reprendre à 2% en août.

Mais selon un cadre de l’OMC, le secteur des voyages et du tourisme a été brutalement affecté par le Covid-19. Le démarrage du secteur des services « dépendra beaucoup de la Chine, devenue grande pourvoyeuse de touristes, qui par ailleurs sont les plus grands dépensiers ».