Canberra et Londres dénoncent l’infiltration de membres du PCC dans des entreprises et des institutions étrangères, la Chine dénonce « une calomnie hystérique de la part de propagandistes antichinois. »

Des millions de données concernant des membres du Parti communiste chinois (PCC) ont été extraites d’un serveur à Shanghai. Ces 2 millions de données montrent que certains membres du PCC travaillent pour des entreprises et des institutions étrangères.

Pour la presse australienne et britannique, il s’agit «d’infiltration» de plusieurs consulats étrangers à Shanghai. Selon The Australian, au moins dix consulats à Shanghai emploient des membres du PCC, dont certains seraient employés depuis plus d’une décennie et parfois à des postes stratégiques d’un point de vue politique et économique.

Pour le Daily Mail à Londres, « cette fuite massive de données montre que l’influence de Pékin s’étend désormais à presque tous les secteurs, y compris les entreprises de défense, les banques et les géants pharmaceutiques ».

1,95 million de noms auraient été extraits du serveur.

Outre les noms des membres, la base de données contient les lieux, les dates de naissance, l’appartenance ethnique chinoise et, dans certains cas, des adresses et des numéros de téléphone.

Cette base de données a été initialement divulguée sur Telegram, l’application de messagerie instantanée cryptée, et a été transmise en septembre 2020 par un dissident chinois à l’Alliance interparlementaire sur la Chine (IPAC).

Cette alliance comprend plus de 150 législateurs à travers le monde qui sont concernés par l’influence et activités du gouvernement chinois. Elle a enfin été confié en octobre à un consortium de trois médias australien (The Australian), belge (De Standaard), britannique (The Sunday Mail) et un éditeur suédois.

Selon The Telegraph, des membres du PCC figurent ainsi dans les organes de direction d’entreprises comme Boeing, la Deutsch Bank, la HSBC, la firme pharmaceutique AstraZeneca, le motoriste Rolls Royce, ainsi que Jaguar et Land Rover. D’autres entreprises européennes pourraient sortir de ces «Shanghai Leaks». Il n’y a aucune preuve directe affirmant que l’une des entreprises citées ait été ciblée ou victime d’espionnage.

Londres s’inquiète

Au Royaume-Uni, la tension monte d’un cran avec la Chine. Pour l’ancien chef du Parti conservateur, Iain Duncan Smith, « cette enquête prouve que les membres du Parti communiste chinois sont désormais répartis dans le monde entier, avec des membres travaillant pour certaines des plus importantes multinationales et institutions universitaires du monde, et nos propres services diplomatiques. Le gouvernement doit maintenant agir pour expulser et renvoyer tous les membres du Parti communiste de nos consuls dans toute la Chine. Ils peuvent servir le Royaume-Uni ou le Parti communiste chinois. Ils ne peuvent pas faire les deux ».

De son côté, l’ancien diplomate du ministère des Affaires étrangères et expert chinois Matthew Henderson a expliqué que « c’est une preuve supplémentaire de la manière dont la Chine s’est introduite dans l’establishment britannique. Nous dansons avec des loups enragés, résolus à creuser un fossé entre la Grande-Bretagne et l’Amérique, à renverser la démocratie et à devancer l’Occident ».

Cependant, Robbie Barnett, affilié au Lau China Institute au King’s College de Londres et à la London’s School of Oriental and African Studies, a indiqué qu’il « est peu probable que de nombreux membres en Chine croient ou se soucient réellement du communisme, c’est donc en grande partie un projet d’édification de la nation, pas un projet idéologique ».

La Chine réagit

Wang Wenbin, porte parole de la diplomatie chinoise

Pour une porte-parole de l’Ambassade de Chine au Royaume-Uni a déclaré: « nous exhortons les médias à abandonner les préjugés idéologiques et la mentalité de la guerre froide et à considérer la Chine, le Parti communiste chinois et le développement de la Chine de manière rationnelle et impartiale ».

« Le battage médiatique de certains médias occidentaux selon lequel les membres du Parti communiste chinois (PCC) s’infiltrent est une calomnie hystérique de la part de propagandistes antichinois individuels », a déclaré Wang Wenbin, porte-parole du ministère des Affaires étrangères.

« C’est absurde en logique, intenable en fait, et juste une autre version de la théorie de la menace chinoise », a indiqué le porte-parole lors d’un point de presse quotidien.

« La Chine est un pays socialiste sous la direction du PCC qui suit la voie du socialisme à la chinoise », a indiqué ce dernier, en ajoutant que les 92 millions de membres du PCC jouent un rôle exemplaire dans tous les domaines de la vie.

« C’est la véritable condition nationale de la Chine », a souligné Wang Wenbin, qui a indiqué que « les relations entre les pays doivent suivre les normes de base régissant les relations internationales et respecter les systèmes et les conditions nationales de chaque pays »