Des dizaines de milliers de personnes sont descendues dans la rue ce 20 octobre à Taipei pour réclamer un référendum sur l’indépendance de Taïwan.

Selon les organisateurs, la manifestation a rassemblé quelque 100.000 personnes. La police de son côté n’a pas donné d’estimation. Les manifestants se sont massés devant le siège du Parti démocratique progressiste (PDP) au pouvoir, agitant des drapeaux et des pancartes pour un «Référendum d’indépendance». Ils ont scandé des slogans, tels que «Nous voulons un référendum» et «Non à l’annexion!».

Il s’agit de la première manifestation de cette ampleur pour demander un référendum sur une déclaration officielle d’indépendance. «Chaque Taïwanais doit pouvoir choisir l’avenir de Taïwan. La décision appartient aux 23,57 millions de Taïwanais, pas à la Chine et (à son président) Xi Jinping», a déclaré la veille Kuo Pei-horng, dirigeant de la la nouvelle Alliance Formose.

Lancée à l’appel de l’alliance, la manifestation a été soutenue par les anciens présidents Lee Teng-hui et Chen Shui-bian. Ce mouvement de contestation se tient alors que la Chine durcit son attitude face à Taïwan. La présidente Tsai Ing-wen tente de préserver un statut quo entre le géant asiatique et les indépendantistes.

Taïwan se considère comme un Etat souverain mais n’a jamais déclaré son indépendance. Toutefois, la Chine a prévenue qu’il userait de la force si Taïwan se dirigeait vers l’indépendance. La Chine a aussi averti l’Alliance qu’elle ne devait pas poursuivre sur cette « voie dangereuse ».

Pour Huang Kuo-chang, président du Parti du nouveau pouvoir, souhaite au la population manifeste «pour dire non aux ambitions d’annexion de l’île par la Chine».

Beijing est déjà irrité par un référendum prévu en novembre sur une participation de l’île aux jeux Olympiques et autres compétitions sportives internationales sous la bannière «Taïwan». D’après Jonathan Sullivan, directeur des programmes chinois à l’Université de Nottingham, les exigences de référendums sur les JO et l’indépendance reflètent leur déception.

«Ces tentatives symbolisent la frustration croissante face à une chef de parti précautionneuse punie par la Chine alors même qu’elle fait l’effort d’être prudente et conservatrice dans les relations» bilatérales, a-t-il expliqué à l’Agence France Presse.

Pour tenir un vote public sur l’indépendance, le gouvernement taïwanais doit amender la loi interdisant les référendums sur les changements constitutionnels et de souveraineté.

D’après les analystes, il est peu probable que Tsai Ing-wen amende la loi, car cela reviendrait à un affront envers Beijing. Le Parti démocrate progressiste a interdit à ses représentants et ses candidats de participer à la manifestation.

Les indépendantistes estiment qu’il y a urgence à agir : «c’est l’âge d’or pour faire avancer la cause» indépendantiste, a expliqué Chang Ya-chung, analyste à l’Université nationale de Taïwan.