Les élections au Conseil législatif (LegCo) à Hong Kong viennent de débuter, avec des enjeux majeurs pour les indépendantistes et pour Beijing, qui tente de conserver son influence dans l’île, notamment après la victoire du Parti Démocrate Progressiste à Taïwan.

3,7 millions d’électeurs hongkongais se rendent aux urnes pour l’une des plus importantes élections dans l’ex-colonie britannique depuis les grandes manifestations pro-démocratie (Mouvement des parapluies) de 2014.

 D’après Florence de Changy, correspondante de France 24 à Hong Kong, « c’est le premier rendez-vous électoral depuis le ‘Mouvement des parapluies’, à l’automne 2014 […] Autre particularité de cette élection : on a vu apparaître des candidats plus radicaux qui prônent des idées plus extrêmes, comme l’indépendance ou l’autodétermination, des notions considérées comme subversives par Pékin ».

En effet, une nouvelle génération de militants appellent à une rupture radicale avec Beijing, prônant désormais pour l’indépendance totale. Cependant, de nombreux Hongkongais estiment que l’indépendance est invraisemblable. Un jeune électeur de 21 ans a indiqué à France 24 que l’indépendance « c’est trop idéaliste et irréaliste », ce dernier soutient le camp pro-démocratie.

Pourtant, plusieurs partis politiques autonomistes et indépendantistes se sont créés, faisant bouger les lignes politiques traditionnelles. Les partis tels que les Localistes, Demosisto, Parti National d’Hong Kong, … veulent un changement de politique et surtout sortir du giron chinois.

Face à la montée des contestations,  « des entreprises chinoises implantées à Hong Kong avaient donné des consignes de votes à leurs employés. Tout cela veut dire que la Chine s’inquiète des résultats de ces élections et de la montée en puissance de ces idées radicales », a expliqué Florence de Changy.

De plus, les autorités ont interdit la candidature de 5 partisans de la rupture avec Beijing, au motif que militer pour l’indépendance serait illégal. Des décisions qui a incité les partis non-traditionnels à maintenir la pression.

Plusieurs milliers de Hongkongais ont ainsi participé début août au premier rassemblement pro-indépendantiste. D’après un sondage cité par l’Agence France Presse, 17% des Hongkongais souhaitent la rupture avec la Chine.

Le LegCo (image de UNE) compte 70 membres désignés selon un système garantissant « presque à coup sûr une majorité au bloc pro-Beijing« , selon l’AFP. D’autant que 35 membres seront élus au suffrage universel direct, les autres sont désignés par des groupes socioprofessionnels acquis à la Chine continentale.

Une percée, même limitée, des indépendantistes, pourrait cependant faire le jeu de Beijing, selon l’AFP, qui assure qu’elle réduira le poids de l’opposition pro-démocrate, qui bloque des textes de loi nécessitant la majorité des deux tiers.

« La perte de cette minorité de blocage renforcerait Beijing à court terme en enlevant tout pouvoir à l’opposition, ce qui légitimerait encore plus le discours des indépendantistes », a indiqué l’agence française.