L’inflation a fortement accéléré en mars 2022 en Chine, alors qu’un regain de Covid-19 a entraîné le confinement de plusieurs régions et perturbé les chaînes d’approvisionnement alimentaires.

En mars 2022, l’indice des prix à la consommation s’est inscrit en hausse de 1,5% sur un an contre 0,9% en février, a annoncé le Bureau national des statistiques (BNS).

Les experts avaient estimé une hausse moins forte, de l’ordre de 1,4%, selon le consensus des experts de l’agence financière Bloomberg. Cette hausse est liée à « l’augmentation mondiale des prix du blé, du maïs et du soja », ainsi qu’aux foyers épidémiques qui se sont multipliés en Chine le mois dernier, a relevé Dong Lijuan, une statisticienne du BNS.

Les cours mondiaux des produits alimentaires flambent depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie le 24 février.

Concernant la situation du Covid-19, une vague épidémique frappe depuis le mois de mars 2022 la Chine comme jamais depuis la vague initiale apparue dans le pays à la fin 2019. Des dizaines de millions de chinois se retrouvent confinés à domicile, entraînant des difficultés d’approvisionnement et une flambée des prix de certains produits.

Les prix des légumes frais ont ainsi augmenté de 17,2% sur un an. «L’indice des prix à la consommation pourrait poursuivre sa hausse en avril, les ménages dans toute la Chine faisant des stocks de nourriture et autres produits au vu du confinement à Shanghai», a expliqué l’économiste Ting Lu, de la banque Nomura.

Fin mars 2022, les 25 millions d’habitants de la capitale économique chinoise ont dévalisé les supermarchés avant le confinement stricte décidé par les autorités. De nombreux shanghaïens se plaignent depuis de problèmes d’approvisionnement vers leur lieu de confinement.

Le nord-est du pays est l’autre région la plus touchée par l’épidémie liée au variant Omicron et par les mises en quarantaine. «Du fait des confinements et des problèmes de transport dans le Nord-Est, première région céréalière de Chine, la récolte de printemps a pu être retardée et le risque de pénurie alimentaire pourrait s’accroître au deuxième semestre», a indiqué Ting Lu à l’Agence France Presse.

De leur côté, les prix à la production ont légèrement reculé en mars à 8,3% sur un an, contre 8,8% en février. Mais ce résultat est supérieur aux prévisions des analystes (+8,1%) et est lié principalement à un effet de comparaison avec mars 2021, lorsque les prix sortis d’usine avaient flambé.

D’un mois sur l’autre, l’indice est en forte hausse de 1,1% par rapport à février. La hausse des cours mondiaux de l’énergie et des matières premières est à l’origine de la fermeté des prix à la production, a souligné Dong Lijuan.