Beijing a expulsé des missionnaires sud-coréens, et des réfugiés nord-coréens dans un contexte de tension entre les deux pays sur le déploiement prévu du THAAD en Corée du sud.

Le pasteur Kim Hee-Tae a indiqué à l’Agence France Presse qu’entre le 10 janvier et le 10 février, près de 170 sud-coréens, dont 70 missionnaires et membres de leur famille, qui travaillaient dans le Jilin , ont été renvoyés en Corée du Sud.

« Les autorités chinoises se sont rendues dans les maisons des missionnaires en invoquant un problème avec leur visa et leur ont demandé de partir« , a indiqué le pasteur.

Officiellement, près de 500 missionnaires sud-coréens sont en Chine, mais les militants des droits de l’homme ont souligné que 2 000 chrétiens travaillent actuellement dans l’humanitaire en Chine, notamment auprès des nord-coréens ayant fui leur pays.

Kim Hee-Tae a estimé que 20% des missionnaires expulsés intervenaient auprès des réfugiés nord-coréens, dont une quarantaine ont été renvoyé en Corée du nord par Beijing. Ces derniers encourent de graves représailles de la part des autorités nord-coréenne.

Le ministère sud-coréen des Affaires étrangères a de son côté appelé les organisations de missionnaires à la prudence. Pour Jeon Ho-Jung, porte-parole de l’Association des missions coréennes, « l’ampleur de cette expulsion est sans précédent », estimant que ces expulsions étaient une conséquence des tensions diplomatiques.

Le gouvernement chinois avait prévenu ses intentions en janvier de réagir au déploiement du système de défense antimissile balistiques (THAAD), qui selon lui peut compromette sa propre sécurité.

Beijing s’était d’ailleurs allié à Moscou pour adopter des mesures contre le déploiement militaire américain en Corée du Sud. Des contre-mesures seront mises en place et « viseront à protéger les intérêts de la Chine et de la Russie et l’équilibre stratégique dans la région », a relayé l’agence de presse, Xinhua, le 13 janvier.