Le militant hongkongais Joshua Wong, figure du mouvement pro-démocratie, a été condamné le 6 mai à dix mois de prison supplémentaires, pour sa participation en 2020  à une veillée «illégale» en souvenir de la répression de la Place de Tiananmen.

Nathan Law, Alex Chow et Joshua Wong

Joshua Wong est devenu une figure emblématique du mouvement de contestation à Hong Kong dès 2014 et notamment en 2019. Les manifestants exigeaient le retrait de la loi d’extradition des prisonniers vers la Chine.

Hong Kong a alors connu ses plus intenses manifestations depuis sa rétrocession par la Grande-Bretagne en 1997. Beaucoup de jeunes avaient défilé en tête du mouvement de contestation, certains avaient même fait leurs premières armes lors de la «Révolution des parapluies» en 2014.

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Emprisonné à quatre reprises, Joshua Wong est connu pour sa combativité et sa véhémence. À la mi-juin 2019, alors qu’il sort de cinq semaines de détention, il s’en prend au gouvernement hongkongais. Ses premiers mots galvanisent l’opposition au Parlement de Hong Kong, le Legco.

Joshua Wong exige alors le départ de Carrie Lam, la cheffe du gouvernement hongkongais. Il va manifester aux côtés des manifestants. L’aura acquise durant la «Révolution des parapluies» ne lui fait par prendre la tête, car le mouvement ne revendique aucun leader.

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Durant des dizaines d’années, Hong Kong a été le seul endroit de Chine où était commémorée l’intervention de l’Armée populaire de libération contre les manifestants issus d’un mouvement social et étudiant de 1989 à Beijing, place Tian An’Men.

Mais pour la première fois en 30 ans, la veillée du 4 juin 2020 n’avait pas été autorisée par les autorités, qui avaient justifié la lutte contre la pandémie, alors que le gouvernement de Chine continentale a instauré des mesures controversées dans la région semi-autonome.

Veillée à la bougie pour l’anniversaire des manifestations, à Hong Kong.

Des dizaines de milliers de personnes avaient néanmoins bravé cette interdiction pour marquer pacifiquement le 31ème anniversaire de la répression de Tiananmen dans le Parc Victoria, dans le centre d’Hong Kong. Par la suite des poursuites judiciaires avaient été engagées contre 24 personnalités du mouvement pro démocratie.

Le 6 mai, quatre d’entre eux, parmi lesquels Joshua Wong, Lester Shum, Tiffany Yuen et Janelle Leung, ont été condamnés, après avoir plaidé coupable en avril 2021 de participation à un rassemblement illégal.

Joshua Wong, qui est une des figures de la contestation hongkongaise les plus connues à l’étranger, a écopé de 15 mois de prison, qui a été réduite à 10 mois en raison de son plaidoyer de culpabilité. Cette peine s’ajoute à celle de 13 mois et demi de détention qu’il purge actuellement pour sa participation à une autre manifestation pendant le mouvement de protestation de 2019.

De son côté, Lester Shum a écopé de six mois de prison. Tiffany Yuen et Leung de quatre mois. Joshua Wong, Lester Shum et Tiffany Yuen, sont par ailleurs poursuivis dans un autre dossier, en vertu de la loi sur la sécurité nationale que la Chine a instauré en juillet 2020 à Hong Kong.

Les autres prévenus, parmi lesquels figurent certaines des personnalités les plus en vue du mouvement pro-démocratie, dont beaucoup sont en détention dans d’autres dossiers, seront jugés cet été.