Le gouvernement chinois devrait immédiatement libérer les avocats spécialisés dans la défense des droits humains, dont certains sont détenus sur la base d’accusations de subversion dénuées de tout fondement, a déclaré Human Rights Watch aujourd’hui. Les autorités devraient également cesser de révoquer ou de suspendre les licences professionnelles de certains avocats ou cabinets d’avocats en raison de motifs politiques.

En février 2018, les autorités ont révoqué la licence professionnelle de l’avocat et défenseur des droits humains Sui Muqing pour non-respect du « protocole de procédure devant le tribunal », et ont annulé l’enregistrement officiel du cabinet d’avocats Wutian suite à son refus de participer à un processus d’examen à forte connotation politique.

« Non seulement le gouvernement chinois continue de détenir des avocats et activistes arrêtés lors des opérations policières de juillet 2015, il recourt aussi à des radiations du barreau comme tactique grossière pour intimider d’autres juristes », a déclaré Sophie Richardson, directrice de recherches sur la Chine à Human Rights Watch. « Cette persécution sans relâche des professionnels du droit met en relief l’absurdité des affirmations selon lesquelles la Chine serait un État de droit. »

Depuis le mois d’août 2017, les autorités ont révoqué ou suspendu les licences professionnelles de plusieurs avocats spécialisés dans les droits humains. Parmi ces cas figurent les suivants :

  • En août, le Bureau de justice de Hangzhou a suspendu la licence de Wu Youshui pour une durée de neuf mois, suite à la publication en ligne d’articles de Wu qui critiquaient le gouvernement chinois.
  • En septembre, le Bureau de justice du Shandong a révoqué la licence de l’avocat Zhu Shengwu, alléguant que des messages qu’il avait diffusés sur des réseaux sociaux, et qui étaient critiques l’égard du gouvernement chinois et des dirigeants du Parti communiste chinois, « [mettaient] en danger la sécurité nationale ».
  • En décembre, le Bureau de justice de Yunnan a révoqué les licences des avocats Wang Liqian et Wang Delong,.
  • En janvier 2018, le Bureau de justice de Pékin a révoqué la licence de Yu Wensheng, déclarant qu’il avait publié des discours « s’opposant à la direction du Parti communiste chinois ». Le 19 janvier, les autorités ont arrêté Yu à Pékin alors qu’il emmenait son fils à l’école. La police l’a emmené à Xuzhou dans la province du Jiangsu, l’a détenu dans un lieu inconnu et l’a accusé d’« incitation à la subversion du pouvoir ». Deux jours avant son placement en détention, Yu avait appelé à une révision de la constitution chinoise et à la tenue d’une élection présidentielle libre. En 2014, les autorités de Pékin avaient déjà détenu Yu durant une période de 99 jours, lors de laquelle il n’a pas pu consulter lui-même un avocat, et aurait été torturé.