Controversée au Canada, Huawei a reçu l’autorisation du gouvernement fédéral de travailler avec une entreprise de télécommunications du Nord et une entreprise de développement, afin d’étendre les services sans fil 4G à haute vitesse dans 70 communautés de l’Arctique et du Nord québécois.

La controverse autour de Huawei vient de l’arrestation à Vancouver en décembre 2018 de sa directrice financière, Meng Wanzhou, qui est désormais au coeur d’une bataille diplomatique entre le Canada et la Chine.

L’annonce faite par Huawei à Ottawa concerne l’extension du service 4G dans des régions plus rurales et éloignées du Nord du pays. Ce nouveau projet a été approuvé dans le cadre du Programme fédéral d’examen de la sécurité, instauré pour protéger les infrastructures sensibles.

D’après Michael Byers, un spécialiste des affaires de l’Arctique à l’Université de la Colombie-Britannique, le gouvernement fédéral a créé des conditions pour permettre au géant chinois des télécommunications de bénéficier d’un monopole sur l’internet à haute vitesse dans le Grand Nord.

Huawei aura peu de compétition dans cette région, ayant un marché assez petit, a expliqué l’expert. Selon lui, l’entreprise chinoise dispose d’un avantage concurrentiel en raison de son accès à la main-d’oeuvre chinoise bon marché.

«La question est de savoir si une entreprise chinoise peut éventuellement détenir un monopole sur les communications dans les communautés éloignées de l’Arctique canadien», a indiqué Michael Byers.

«Non pas parce que c’est une menace pour la souveraineté, mais parce que cela laisse ces communautés très vulnérables dans l’éventualité où les relations entre la Chine et le Canada se détérioreraient», a-t-il ajouté.

En dépit de la controversée au Canada, Huawei attend une décision du gouvernement fédéral pour déterminer si elle pourra fournir du matériel pour les réseaux sans fil 5G de prochaine génération dans le reste du pays.

En effet, les États-Unis font pression sur les autorités canadiennes pour qu’elles rompt ses relations avec Huawei. Pour Wasshington, l’entreprise chinoise est un organe des services de renseignements chinois – une allégation a niée à plusieurs reprises par Huawei.

Or Alykhan Velshi, vice-président des affaires commerciales de la branche canadienne de Huawei, a assuré que «si vous vous rendez à notre bureau de Kanata, si vous vous rendez à notre bureau de Markham, il est faux de croire qu’il s’agit d’un repaire du docteur Terreur et que nous y travaillons sur le dernier scénario de la fin du monde. C’est un groupe d’ingénieurs qui règlent des problèmes d’ingénierie».

Ce dernier a expliqué que l’entreprise menait ses activités au Canada depuis 2008 sans problème, et qu’elle entretenait une «coopération régulière avec les clients et les agences de sécurité».

Il a aussi souligné à plusieurs reprises que l’entreprise était gérée au Canada, soumise aux lois canadiennes, avec une structure transparente. Or pour Michael Byers, cette déclaration est «fallacieuse».

«C’est une filiale d’une société chinoise. Elle est donc soumise au contrôle de son siège social. Ce siège est soumis au droit chinois. Quiconque pense que Huawei est indépendant du gouvernement chinois a tort», a souligné ce dernier.