Le géant chinois des télécommunications, Huawei, lance son propre système d’exploitation mobile HarmonyOS sur ses smartphone ; alors que la société s’adapte à la perte d’accès aux services mobiles de Google instauré il y a deux ans après que les États-Unis ont placé la société de télécommunications chinoise sur liste noire.

D’après l’Associated Press, Huawei devait annoncer le lancement d’HarmonyOS pour divers appareils, notamment les smartphones et les tablettes.

Lire aussi : Huawei lance ses nouveaux produits basés sur son système HarmonyOS

Huawei est toujours privé des technologies américaines essentielles, notamment des services mobiles de Google et de certaines puces informatiques nécessaires pour alimenter ses appareils.

Cette situation découle de la décision des États-Unis d’inscrire Huawei sur une liste noire d’entreprise, affirmant que Huawei pourrait aider les efforts d’espionnage de la Chine. Une accusation que Huawei nie avec véhémence.

L’introduction de Huawei sur cette liste noire empêche les entreprises américaines de faire affaire avec le fabricant chinois d’équipements de télécommunications et de smartphones. La liste noire a été un coup dur pour Huawei, qui s’est appuyé sur des technologies essentielles des États-Unis.

Autrefois le plus grand fabricant de smartphones au monde, Huawei est sorti de la liste des cinq premiers au monde l’année dernière, écarté par le sud-coréen Samsung, selon les données de la société d’études de marché Canalys.

D’autres fabricants chinois de smartphones tels que Xiaomi, OPPO et Vivo ont depuis dépassé Huawei en termes de ventes mondiales. Huawei occupe actuellement le septième rang mondial et le troisième en Chine, après une baisse de 50% des livraisons de smartphones au premier trimestre de cette année par rapport à l’année dernière.

En novembre 2020, Huawei a également vendu sa marque de smartphones à petit budget Honor alors qu’elle cherchait à amortir l’impact des sanctions américaines.

Le déploiement du smartphone HarmonyOS de Huawei est une solution de contournement pour son manque d’accès aux services Google, en particulier pour les smartphones vendus à l’étranger.

Lire aussi : Huawei développe HarmonyOS pour ses smartphone

Pour résoudre ce problème, Huawei a lancé sa propre plate-forme Huawei Mobile Services (HMS) qui permet aux développeurs de lancer des applications pour les appareils Huawei.

En mars 2021, Huawei a déclaré que plus de 120 000 applications étaient désormais sur sa boutique d’applications et utilisaient HMS, bien qu’il manque toujours des applications populaires à l’étranger telles que Instagram, Twitter et Facebook.

Les propriétaires de téléphones Huawei qui n’ont pas accès aux services Google ne pourront pas télécharger d’applications telles que Gmail ou YouTube. De fait, HMS propose des raccourcis vers les sites mobiles de ces services.

Cependant, Google est bloqué en Chine, les utilisateurs de Huawei en Chine ne sont donc pas affectés par son absence sur smartphone. Mais le manque d’accès aux services Google fait de Huawei un choix moins attrayant pour les utilisateurs étrangers, férus des vidéos sur YouTube et de l’application de messagerie Gmail.

Les tentatives de populariser le nouveau HarmonyOS de Huawei restent complexes, car toutes les alternatives visant à contrer les systèmes d’exploitation dominants ont généralement échoué, comme le système d’exploitation Windows Phone de Microsoft et le système d’exploitation Tizen de Samsung.

Lire aussi : « Huawei ne mourra pas »

Cependant, le passage de Huawei à un système d’exploitation mobile pourrait lui offrir un nouveau modèle commercial, qui se baserait sur la distribution de son système à d’autres fournisseurs de smartphones en Chine qui pourraient souhaiter générer des revenus en répertoriant leurs applications sur les services mobiles de Huawei.

Alors, «HarmonyOS peut être très attrayant pour les fournisseurs qui n’ont pas les ressources nécessaires pour créer leur propre système d’exploitation», a déclaré Nicole Peng, vice-présidente de la mobilité au sein de la société d’études de marché Canalys.