Le nouvel ambassadeur du Canada en Chine, Dominic Barton, a été à la tête d’une société d’experts-conseils ainsi que conseiller économique clé du gouvernement libéral.

Après huit mois sans ambassadeur, le gouvernement Trudeau choisit son ancien conseiller économique Dominic Barton pour occuper ce rôle. Il entrera en fonction au moment où les relations avec la Chine restent tendues et très complexes.

Dominic Barton reprend le poste de l’ancien ministre John McCallum, qui avait été remercié de ses fonctions, en janvier, après s’être mis dans l’embarras par des commentaires dans le dossier de Meng Wanzhou, la directrice financière du géant technologique chinois Huawei.

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Minimisant la situation, Justin Trudeau avait affirmé en mai que le chargé d’affaires Jim Nickel, qui est un diplomate très expérimenté, connaissant très bien les dossiers. Mais pour l’ancien premier ministre du Québec, Jean Charest, la situation de la chaise vide était loin d’être idéale.

« Le fait de ne pas avoir d’ambassadeur est un problème important, parce que c’est à ce niveau-là que la communication au jour le jour se fait entre les deux pays », a rappelé ce dernier à Ici-Radio-Canada. D’autant que la Chine et le Canada traversent une crise diplomatique sans précédent.

L’arrestation de Meng Wanzhou, à la demande des États-Unis, avait entraîné des mesures de tensions avec la Chine. Deux Canadiens, Michael Spavor et Michael Kovrig, sont détenus en Chine et le Beijing a suspendu les exportations de canola du Canada, et des permis d’exportation de porc.

Dans un tel contexte, Dominic Barton a expliqué que « la relation entre le Canada et la Chine est importante, et je ne ménagerai aucun effort pour représenter notre grand pays et pour résoudre les problèmes actuels ».

De son côté, la ministre des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, a exprimé toute sa confiance envers Dominic Barton, un «expert de la région exceptionnellement apte à représenter le Canada et à faire avancer l’intérêt national canadien en ces temps critiques».

Selon Jean Charest, la nomination de Dominic Barton est une bonne tactique pour le gouvernementcar, l’ancien premier ministre a siégé à ses côtés au conseil d’administration de la Fondation Asie-Pacifique.

« Il est connu à travers le monde. C’est un homme très intelligent qui connaît très bien l’Asie », assure Jean Charest. Ce dernier a estimé que la nomination de Dominic Barton est un signal à la Chine : « il faut une personne qui est capable de rétablir les ponts de communication, une personne qui est crédible ».

« C’est une bonne nouvelle pour le Canada, mais pour les Chinois, ce sera également perçu comme un signal fort du Canada sur sa volonté de rétablir des ponts de communication avec la Chine », a assuré Jean Charest.

Cependant, les conservateurs canadiens sont sceptiques vis-à-vis de cette nomination. Le porte-parole aux Affaires étrangères, Erin O’Toole, a écrit que « la situation en Chine appelle à un diplomate expérimenté dans le rôle d’ambassadeur […], connaissant la langue, la culture et les protocoles, et non à un dirigeant d’entreprise plaidant en faveur de relations commerciales ».

L’ancien ambassadeur du Canada en Chine, Guy Saint-Jacques, a rappelé que « dans les circonstances actuelles, les Chinois ont été très clairs. Ils ont dit, à moins que le Canada ne libère Mme Meng, il ne faut pas s’attendre à de grands développements. Puis, je pense que, de ce point de vue là, il n’aura probablement pas meilleurs accès qu’un diplomate de carrière ».