La Chine a adopté une nouvelle réglementation anti-espionnage afin de nommer les principaux instituts susceptibles d’infiltration étrangère.

Le nouveau règlement anti-espionnage de la Chine clarifie «quoi, qui et comment» pour se prémunir de l’espionnage étranger, a expliqué le ministère de la sécurité publique.

Le ministère a expliqué que face à l’intensification des attaques des espions et agences de renseignement étrangères, ainsi que «d’autres forces hostiles», la Chine a décidé de mettre en place un règlement. Celui-ci vise également à freiner le vol de renseignements contre la Chine par des méthodes plus diverses et dans des domaines plus larges.

«Le règlement est d’une grande importance pour améliorer le système juridique de protection de la sécurité nationale en précisant les responsabilités que doivent assumer les entreprises et les institutions. Il met l’accent sur les entreprises et les institutions qui prennent des mesures de précaution contre l’espionnage étranger», a expliqué Li Wei, expert en sécurité nationale et anti-terrorisme à l’Institut chinois des relations internationales contemporaines.

Selon le règlement, les entreprises, organisations ou groupes sociaux figurant sur la liste assumeront la responsabilité de mettre en place de nouvelles mesures pour lutter contre l’espionnage étranger. Cela pourrait passer par la rédaction et signature par le personnel de l’entreprise de lettres d’engagement avant la prise de fonctions. Ils devront « rendre compte de leurs activités liées à la sécurité nationale, en formant le personnel avant son départ à l’étranger et réalisant un entreprise avec lui après son retour en Chine ».

Un membre du personnel chargé des affaires étrangères au siège d’une entreprise publique centrale à Pékin, a expliqué sous couvert d’anonymat au journal Global Times que le ministère avait renforcé la sécurité pour éviter tout contre-espionnage auprès de tout le personnel voyageant à l’étranger depuis 2019 lorsque les dirigeants chinois ont décidé d’engager des mesures pour assurer la sécurité de la Chine.

«Le personnel en voyage d’affaires dans des pays étrangers, tels que les pays de l’alliance Five Eyes – les États-Unis, le Royaume-Uni, l’Australie, le Canada et la Nouvelle-Zélande – a été invité à déclarer strictement leurs destinations de voyage, leurs ordres du jour et leurs réunions avec le personnel étranger, et ils doivent obtenir l’approbation de leurs supérieurs directs avant que les demandes ne soient examinées par le siège», a-t-il noté.

Ministère des affaires étrangères à Beijing

Les entreprises mentionnées ci-dessus ont également renforcé la formation anti-espionnage par le biais de séminaires et de courts métrages, où la présentation de cas d’étude sur le renseignement étranger. En particulier, les appareils électriques, y compris les téléphones mobiles, les ordinateurs portables et les clés USB.

Ces outils peuvent contenir des informations sensibles, et sont des objets clés pour les agences de renseignement, a indiqué une source au Global Times. Raison pour laquelle l’entreprise a demandé à son personnel impliqué dans des domaines sensibles ou celui détenant des fichiers de laisser leurs appareils électriques chez eux et d’en apporter de nouveaux à l’étranger.

«Pour les visites dans des pays qui ont été classés comme à haut risque en termes d’activités d’espionnage, nous évaluerons si les voyages sont nécessaires et nous déconseillons d’y aller s’ils ne sont pas essentiels», a noté le membre du personnel.

Toute entreprise ou institution dans le cadre de la défense nationale, de la diplomatie, de l’économie, de la finance et de l’industrie de haute technologie devrait être considérée comme appartenant à un domaine clé en termes d’infiltration étrangère, selon Li Wei.

Le règlement ne spécifiait pas quelles industries ou entreprises figureraient sur la liste, mais il précisait que la liste serait établie en fonction du niveau de confidentialité qu’implique l’industrie, de son degré d’implication étrangère et de l’existence d’incidents antérieurs mettant en danger la sécurité nationale.