La Chine a accusé ce 8 septembre l’armée indienne d’avoir franchi illégalement sa frontière dans l’Himalaya et d’avoir eu recours à des « tirs de sommation ».

Après un affrontement meurtrier en juin entre les armées de Chine et d’Inde au Ladakh (nord de l’Inde), les pays s’accusent mutuellement d’entrer sur son territoire. Cet ancien litige a récemment fait 20 morts dans le camp indien, et un nombre inconnu de victimes côté chinois, suite à un affrontement violent entre soldats.

La mort des soldats indiens a suscité une vague d’indignation contre la Chine, qui fait l’objet d’un appel au boycott de la part de certains indiens. Dans un communiqué publié ce 8 septembre, le ministère chinois de la Défense a accusé l’Inde de « grave provocation militaire » après le franchissement de la frontière la veille par des soldats, qui ensuite « ont effectué des tirs de sommation ».

« Les troupes chinoises de défense des frontières ont été forcées de prendre des contre-mesures appropriées pour stabiliser la situation sur le terrain », a précisé le communiqué, qui ne précise pas la nature des mesures. New Delhi n’a pas réagi pour le moment.

Lire aussi : Si l’Inde et la Chine ne s’entendent cela pourrait dégénérer

Région du Ladakh, zone conflictuelle sino-indienne

La Ligne de contrôle effectif (« Lign of Actual Control », LAC), frontière de facto entre l’Inde et la Chine, n’est pas correctement démarquée. Cette situation peut conduire des soldats de Chine et d’Inde à des rencontres musclées, desquelles chacun pense que l’autre viole la ligne.

Après l’affrontement du 15 juin dernier, de hauts responsables des armées de Chine et d’Inde s’étaient rencontrés et étaient convenus d’oeuvrer pour apaiser les tensions.

Le 4 septembre, les ministres de la Défense de Chine et d’Inde ont eu un entretien à Moscou en marge d’une réunion internationale. Mais les deux hommes se sont ensuite mutuellement accusés d’aggraver la situation, par communiqués interposés.

Le dernier conflit ouvert entre les deux nations les plus peuplées de la planète remonte à la guerre-éclair de 1962, qui avait vu les troupes indiennes rapidement défaites par l’armée chinoise.

Officiellement, aucun coup de feu n’a été tiré le long de la frontière depuis 1975, conformément à une pratique de longue date visant à éviter une réelle confrontation militaire dans cette région frontalière.