Les représentants du mouvement hongkongais Demosisto, Athena Tong et Arnold Chung, ont demandé aux autorités suisses de dénoncer de l’emprise de Beijing sur l’île, car cela pourrait affecter « l’horlogerie suisse ».

Plus de 12% des exportations horlogères suisses vont vers Hong Kong, faisant de l’île le principal consommateur de l’horloge en comparaison avec le marché de Chine continentale, en augmentation.

Raison pour laquelle, la Suisse doit « s’exprimer » sur les abus des droits de l’homme sur l’île, a assuré Athena Tong, directrice de la communication de Demosisto, mouvement lancé après la « Révolte des parapluies » en 2014.

La Suisse a récemment dénoncé l’attitude de la Chine continentale devant le Conseil des droits de l’homme sur la situation au Xinjiang, déplorant les camps d’internement, dans lesquels sont détenus de manière « extrajudiciaire » des Ouïghours. La Chine avait vivement démenti toute violation des Droits de l’homme et répondu que ces sites contribuaient à cadrer la minorité musulmane.

Venue échanger le 9 octobre à Genève avec une coalition d’ONG chinoises la défense des libertés, Athena Tong a participé à une réunion avant l’Examen période universel (EPU) de la Chine le 6 novembre au Conseil des droits de l’homme.

Le 10 octobre, la cheffe du gouvernement local, Carrie Lam, a affirmé qu’elle n’accepterait « aucune action qui défende l’indépendance ». Cette décision « contre un correspondant étranger » est « sans précédent », a indiqué responsable de la politique de Demosisto, également présent à Genève, Arnold Chung.

« Ce que nous savons sur le Xinjiang et sur le Tibet est venu de journalistes établis à Hong Kong », a expliqué Athena Tong dans une interview accordée à Keystone-ATS. Selon elle, la lutte pour le maintien des libertés fondamentales à Hong Kong décidera de la démocratisation de toute la Chine. Si elle n’est pas gagnée, il sera « cinq fois plus difficile » d’appliquer celles-ci dans le reste du pays.

Carrie Lam expulse un journaliste britannique d’Hong Kong

Avec l’affaire Mallet, le gouvernement chinois « teste les limites de la communauté internationale et de la population de Hong Kong », affirme Arnold Chung. En effet, selon les conditions de la rétrocession d’Hong Kong à la Chine par les britanniques, la région administrative spéciale deviendra comme n’importe quelle autre ville chinoise « très bientôt », soit 2047.

Pour Arnold Chung, ces dernières années, « la situation a empiré ». Les militants pro-démocratie et indépendantiste comme ce dernier estiment que la décision d’expulser un journaliste britannique est un « test » pour la démocratisation de la Chine.

Outre l’affaire de Victor Mallet, plusieurs dossiers interpellent : l’interdiction du Parti national de Hong Kong (HKNP), mouvement indépendantiste ; la nouvelle ligne de train entre l’île et le continent ; la construction prochaine d’un pont pour faciliter l’intégration « en cours » ; et les retraités sont incités à quitter l’île.

« Nous devenons une partie d’une communauté de villes chinoises » plutôt qu’une région administrative spéciale, déplore Andrea Tong.