Le premier ministre Justin Trudeau a prévenu que le Canada ne «cédera pas» face à la Chine, alors que les deux pays traversent une grave crise diplomatique depuis l’arrestation d’une dirigeante de Huawei en décembre 2018.

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«Nous devons reconnaître que la Chine est une puissance en expansion, qui cherche de plus en plus à asseoir sa place sur la scène internationale», a déclaré le Premier ministre canadien, lors d’un discours devant le Conseil des relations internationales de Montréal.

«Mais ne vous y trompez pas : nous défendrons toujours les Canadiens et leurs intérêts», a-t-il rappelé. «Depuis très longtemps, nous avons l’habitude de traiter directement, et avec succès, avec des partenaires plus importants. Nous ne cherchons pas l’escalade, mais nous ne céderons pas non plus», a ajouté ce dernier.

L’arrestation à Vancouver le 10 décembre 2018 de la directrice financière du géant chinois des télécoms Huawei, Meng Wanzhou, à la demande de la justice américaine, qui réclame son extraditio. Cette arrestation a provoqué une crise diplomatique sans précédent entre Ottawa et Beijing.

De son côté, la Chine a arrêté l’ex-diplomate canadien Michael Kovrig et le consultant Michael Spavor, qu’elle soupçonne d’espionnage, et suspendu les importations de colza et de viande canadienne.

Hong Kong au centre des tensions diplomatiques

Justin Trudeau a de nouveau appelé les autorités chinoises à la retenue face aux manifestants à Hong Kong, alors même que Pékin a sommé Ottawa d’arrêter de «s’immiscer» dans les affaires internes chinoises.

Le Premier ministre suit de près l’évolution de la situation et notamment le sort des 300 000 ressortissants canadiens qui y résident. «Avec des partenaires étrangers, nous avons souligné la nécessité de faire preuve de retenue et de rejeter toute violence», a-t-il insisté.

«L’heure est venue de lancer un dialogue et de respecter les libertés fondamentales, notamment le droit à se rassembler de façon pacifique», a ajouté ce dernier.

La Chine réagit

De son côté, le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Geng Shuang, a assuré que « les relations sino-canadiennes traversent de graves difficultés. La responsabilité en revient entièrement au Canada ».

Ce dernier a ainsi répondu sèchement au Premier ministre canadien, Justin Trudeau. Il a par ailleurs rejeté à nouveau toute ingérence étrangère à propos des manifestations à Hong Kong. « Le Canada n’est pas bien placé » pour faire des commentaires sur les affaires de Hong Kong , a-t-il déclaré.