mercredi, juillet 24

Le ministre chinois de la Défense sous le coup d’une enquête, selon des médias américains

Le gouvernement américain pense que le ministre chinois de la Défense Li Shangfu fait l’objet d’une enquête des autorités de Pékin, car il n’a pas été vu depuis plusieurs semaines. Ce dernier aurait été écarté de ses fonctions, a écrit le quotidien britannique le Financial Times, citant trois responsables américains.

Cette annonce survient quelques heures après que l’ambassadeur américain au Japon, Rahm Emanuel, a déclaré sur les réseaux sociaux que le ministre n’avait «pas été vu ou entendu depuis trois semaines». Li Shangfu s’était rendu mi-août en Russie puis au Belarus.

Les soupçons pesant sur l’absence inexpliquée depuis plusieurs semaines du ministre chinois de la Défense, Li Shangfu, se sont exacerbés ce 15 septembre, certains médias ont indiqué qu’il faisait l’objet d’une enquête et un haut diplomate américain s’est ouvertement interrogé sur une assignation à résidence.

Li Shangfu, 65 ans, a manqué des réunions avec des responsables vietnamiens et singapouriens de la défense au cours des dernières semaines, selon des sources ayant une connaissance directe de ces engagements. Il a été vu pour la dernière fois à Pékin le 29 août, où il a prononcé un discours lors d’un forum sur la sécurité réunissant des pays africains.

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Les Etats-Unis pensent que Li Shangfu a fait l’objet d’une enquête, a rapporté le Financial Times vendredi, citant des responsables américains. De son côté, le Wall Street Journal (WSJ) a rapporté que le ministre avait été arrêté la semaine dernière pour être interrogé et démis de ses fonctions.

Peu d’information sur les raisons de l’enquête

Dans un message publié sur X, anciennement Twitter, l’ambassadeur de Washington au Japon, Rahm Emanuel, a écrit : « 1 : Le ministre de la défense Li Shangfu n’a pas été vu ni entendu depuis 3 semaines. 2 : il n’a pas participé à son voyage au Vietnam. Maintenant : Il est absent de sa réunion prévue avec le chef de la marine singapourienne parce qu’il a été placé en résidence surveillée ??? »

Le ministère chinois de la Défense n’a pas répondu dans l’immédiat aux demandes de commentaires de l’agence de presse Reuters. La porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Mao Ning, a déclaré ne pas être « au courant des informations » concernant toute enquête dont Li Shangfu serait l’objet.

L’absence de Li Shangfu intervient après le remplacement inexpliqué du ministre chinois des Affaires étrangères, Qin Gang, en juillet, après une longue période de silence, et après un remaniement de la direction de la force d’élite de l’Armée populaire de libération, la Force des missiles, au cours des derniers mois.

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Comme Li Shangfu, Qin Gang est l’un des cinq conseillers d’État de la Chine, un poste plus élevé que celui de ministre.

Plusieurs analystes se posent des questions sur cette nouvelle absence

Les analystes et les diplomates s’interrogent sur le manque de transparence des dirigeants en Chine, à un moment où l’économie du pays ralentit et où ses relations avec la superpuissance rivale, les États-Unis, se sont détériorées.

Ja Ian Chong, chercheur à l’Université nationale de Singapour, a déclaré à Reuters que le manque de clarté entourant Li Shangfu soulignait encore davantage l’incertitude quant à la prise de décision de la Chine. « L’ampleur des spéculations démontre la grande incertitude du système actuel de la RPC (République populaire de Chine), » a-t-il déclaré.

Absent à Singapoure, Li Shangfu n’a pas été vu auprès des dirigeants vietnamiens de la défense prévue les 7 et 8 septembre, a rapporté Reuters. Les observateurs militaires et les diplomates surveillent de près la tenue par la Chine de son projet d’organiser le Forum Xiangshan de Pékin – un sommet annuel sur la sécurité internationale normalement organisé par le ministre chinois de la Défense – fin octobre.

Avant que Li Shangfu ne soit nommé à son poste en mars, il dirigeait l’unité d’approvisionnement de l’armée. Dans un rare avis publié en juillet, l’unité a déclaré qu’elle cherchait à « nettoyer » son processus d’appel d’offres et a invité le public à signaler les irrégularités remontant à 2017. Aucune mise à jour n’a été faite sur les conclusions possibles, selon les données relevées par l’agence de presse, Reuters.

L’absence de Li Shangfu est particulièrement surveillée par les États-Unis, qui n’ont pas levé les sanctions imposées en 2018 pour avoir acheté des armes au plus grand exportateur d’armes russe, Rosoboronexport.

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Les responsables chinois ont déclaré à plusieurs reprises qu’ils souhaitaient que ces sanctions soient levées afin de faciliter de meilleures discussions entre les armées de Chine et des Etats-Unis Le secrétaire américain à la Défense, Lloyd Austin, a tenté de discuter avec Li Shangfu lors d’une conférence sur la défense à Singapour en juin, mais n’a pas pu aller au-delà d’une poignée de main.

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Wen-Ti Sung, politologue à l’Université nationale australienne, a déclaré à Reuters que bien que Li Shangfu ait constitué un « obstacle » dans les relations militaires entre les États-Unis et la Chine, son absence inexpliquée pose problème pour les relations internationales de la Chine à d’autres égards.

« D’autres pays se demanderont quelque chose d’aussi fondamental que quel numéro appeler lorsqu’ils souhaitent établir un dialogue militaire avec la Chine », a-t-il déclaré.

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