Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane a été reçu ce 22 février par le président chinois Xi Jinping, dans le cadre d’une tournée asiatique.

Lors d’un entretien dans le cadre prestigieux du Palais du peuple à Beijing, le président Xi Jinping a rendu hommage à « la contribution » du prince à la relation bilatérale. Ce dernier a salué les résultats du dialogue à haut niveau engagé par les deux pays en matière économique, politique et de défense.

Pour Najah al-Otaibi, analyste au centre de réflexion Arabia Foundation, la tournée du prince marque l’évolution du pays qui prend ses distances avec ses alliés occidentaux à la suite du meurtre en 2018 du journaliste saoudien Jamal Khashoggi.

« Riyad veut cimenter ses alliances en Asie, du fait des retombées aux Etats-Unis du meurtre de Khashoggi et des efforts de l’UE pour mettre Riyad sur liste noire après des accusations de blanchiment d’argent« , observe-t-elle.a expliqué cette dernière à l’Agence France Presse.

Lors d’un entretien avec le vice-premier ministre Han Zheng, Mohammed ben Salmane a dit « soutenir fermement » les efforts de Beijing pour assurer sa sécurité et fait part de son opposition aux « ingérences dans les affaires intérieures » de la Chine, selon l’agence de presse chinoise, Xinhua.

L’Arabie saoudite est l’un des principaux fournisseurs de pétrole brut en Chine et représente un marché clé pour les exportations de ce pays. D’ailleurs, la société pétrolière publique Saudi Aramco a signé ce 22 février un contrat de 10 milliards de dollars pour la construction en Chine d’un complexe pétrochimique.

Les deux parties devront créer une nouvelle société, dénommée Huajin Aramco Petrochemical Co, pour la construction de la raffinerie capable de traiter 300.000 barils de pétrole par jour, selon l’Aramco.

Le prince héritier saoudien s’est abstenu de critiquer la Chine pour la situation au Xinjiang, région à majorité ouïghoure, placée sous haute surveillance. Un million de musulmans auraient ainsi été placés en détention, selon des chiffres cités par l’ONU et récusés par Beijing, qui parle de « centres de formation professionnelle » destinés à lutter contre l’extrémisme religieux.

35 protocoles d’accord ont été signés dans des domaines tels que l’énergie, les mines, les transports et le commerce électronique. Beijing a mit en avant son inititive « La Ceinture et la Route ». Le royaume saoudien défend de son côté sa « Vision 2030« , un plan qui vise à diversifier l’économie du pays en dehors des hydrocarbures.

En prévision des négociations entre le prince héritier MBS et le Président Xi, le ministère chinois des Affaires étrangères a déjà déclaré que Pékin voyait en Ryad un «énorme potentiel» pour ses exportations.