Le Fonds monétaire international (FMI) a revu à la baisse ses prévisions de croissance en Asie-Pacifique, en raison d’un ralentissement économique en Chine « brutal et inhabituel ».

La croissance mondiale peine à se redresser en raison de la guerre en Ukraine et de l’inflation. Dans ce contexte, le FMI avait prévenu au début du mois d’octobre 2022 que plusieurs pays développés pourraient risquer la récession l’an prochain.

Bien que l’Asie-Pacifique est un « point relativement lumineux » par rapport à d’autres parties du monde, elle du faire face à des chocs ayant entravé la reprise de l’économie mondiale, a indiqué le FMI dans ses Perspectives économiques régionales.

Cet contexte en Asie-Pacifique intervient au moment où la région asiatique est confrontée au « ralentissement brutal et inhabituel de la Chine » qui jusque-là avait servi de moteur à l’économie mondiale, relève l’institution de Washington. Le FMI s’attend ainsi à une croissance de 4% cette année en Asie-Pacifique, en baisse de 0,9 point par rapport aux précédentes prévisions de juillet.

La prévision pour 2023 est aussi revue à la baisse à 4,3%, contre 5,1% en juillet. « Le fort rebond économique de l’Asie en début d’année est en train de perdre son élan », estime Krishna Srinivasan, responsable Asie-Pacifique au FMI.

La Chine continue à suivre une politique anti-Covid inflexible, près de trois ans après l’apparition des premiers cas à Wuhan (centre). Les mesures sanitaires strictes engagées ont entraîné la fermeture d’entreprises et d’usines, impactaient l’activité et les déplacements, et pèsent sur la consommation des ménages.

Au deuxième trimestre, le PIB de la Chine a ainsi ralenti, ne progressant que de 0,4% sur un an, sa pire performance depuis 2020. Il a toutefois rebondi au troisième trimestre (3,9%), selon des chiffres officiels publiés lundi.

Malgré la conjoncture actuelle, le président Xi Jinping a réaffirmé la nécessité de la politique du « zéro Covid« . Celle-ci est à rebours de nombre de pays, qui optent pour une cohabitation avec le virus et ont levé les restrictions.

Parallèlement, la Chine traverse une crise sans précédent dans l’immobilier, un moteur historique de la croissance. Ce secteur, qui représente avec la construction plus du quart du PIB du pays, est en souffrance depuis des mesures adoptées par Pékin en 2020 pour réduire l’endettement.

Les ventes immobilières s’affichent en baisse dans de nombreuses villes, après des années de hausses vertigineuses. De plus, plusieurs promoteurs luttent pour leur survie, alors que certains propriétaires refusent de payer leurs mensualités pour des logements inachevés.

« Le ralentissement aura d’importantes répercussions ailleurs en Asie, en raison des liens commerciaux et financiers » du continent avec le géant asiatique, avertit le FMI. Le Fonds table sur 3,2% de croissance en Chine cette année, après 8,1% en 2021.