L’appellation «tourisme rouge» fait référence à la visite des lieux primordiaux et typiques de la Révolution de Mao Zedong 毛泽东 (1893-1976) et des batailles conduites par le Parti communiste chinois avant son accession au pouvoir le 1er octobre 1949.

Ce concept est né de celui de «tourisme thématique» apparu à la fin des années 1990 alors que Jiang Zemin 江泽民 (1926-) était président de la République populaire de Chine (RPC), explique Anne Jaurès dans son article « Le tourisme rouge en Chine : véritable engouement ou carte forcée ? » (Monde chinois 2012/1 – N° 29)

Le tourisme rouge mêle éducation patriotique, détente et visite du pays. Ce type de tourisme est très populaire auprès de la population, notamment les personnes âgées.

De plus, grâce à ce tourisme rouge certaines régions du pays, abritant des sites révolutionnaires dits majeurs connaissent un développement économique.

Du lac Nanhu de Jiaxing, dans la province orientale du Zhejiang, où s’est déroulé le premier Congrès national du PCC, à la place Tiananmen de Beijing, témoin de nombreux événements importants, en passant par la première base révolutionnaire rurale de Jinggangshan et le lieu sacré révolutionnaire de Yan’an, les sites rouges et les lignes rouges accueillent davantage de touristes au fur et à mesure que les températures augmentent.

Parc d’attraction du PCC à Wuhan

Ce phénomène vient d’une nostalgie touchant les personnes d’âge moyen et les seniors. Selon des experts du secteur, la révolution rouge qu’ils ont vécue – pour certains – a eu une influence réelle sur eux. Ainsi, les destinations touristiques rouges sont devenues des sites de réflexion historique et de recherche du passé.

D’après des employés du secteur touristique, les sites rouges, notamment les anciennes résidences des grands hommes et les objets légendaires et historiques, attirent aussi la jeune génération. De plus en plus d’adolescents, guidés par leurs parents, visitent les sites rouges pour obtenir une éducation patriotique.

Le tourisme rouge reflète également l’envie de retour à la nature des citoyens. La plupart des sites révolutionnaires se trouvent dans des zones montagneuses ou des régions isolées.

Ces zones souvent sous-développées sur le plan économique, possède une nature et un système écologique qui y sont préservés. Par conséquent, le tourisme rouge permet le développement de l’économie locale de ces régions.

Le tourisme rouge est donc devenu une partie importante de l’industrie touristique chinoise. L’arrivée de grands flux de touristes, de produits, d’informations et de capitaux conduit à l’amélioration des infrastructures dans les anciennes zones révolutionnaires.

En juillet 2018, Rao Quan, un responsable du ministère de la Culture et du Tourisme, a expliqué que le «tourisme rouge est censé éduquer les touristes et leur faire comprendre et sentir l’esprit révolutionnaire».

De son côté, Liu Yuzhu, chef de l’Administration d’Etat du patrimoine culturel, a indiqué que protéger «les reliques rouges comme une région est une nouvelle idée et que de tels efforts devraient aider les habitants vivant dans ces zones à sortir de la pauvreté».

La Chine compte 33.315 sites et reliques révolutionnaires recensés. Plus de 800 millions de voyages liés au tourisme rouge sont effectués en moyenne chaque année.