Les astronautes chinois sont arrivés dans leur station spatiale pour une mission de six mois dans l’espace, un record pour la Chine. Trois spationautes, dont une femme, sont arrivés le 16 octobre sur le chantier de la station spatiale chinoise, afin de poursuivre sa construction.

Leur vaisseau Shenzhou-13 a été propulsé pendant la nuit à 00H23 (16H23 GMT vendredi) par une fusée Longue-Marche 2F, du pas de tir de Jiuquan dans le désert de Gobi (nord-ouest), selon l’Agence chinoise des vols spatiaux habités (CMSA).

La CMSA a qualifié le décollage de succès et a assuré que l’équipage était « en bonne santé ». Moins de sept heures après son lancement, Shenzhou-13 s’est arrimé au port radial de la station spatiale.

A environ 350-400 km d’altitude, les trois spationautes vont séjourner dans Tianhe (« Harmonie céleste »), le seul module déjà en orbite sur les trois qui constitueront à terme la station spatiale.

Durant six mois, ils devront poursuivre la construction de la station spatiale chinoise, vérifier les différents équipements, et réaliser des expériences scientifiques, notamment en faisant remonter de précieuses informations sur la façon dont leur corps s’adapte à ce long séjour.

Les spationautes réaliseront également deux ou trois sorties dans l’espace. Leur séjour devrait permettre de doubler le record de durée pour une mission habitée chinoise. Ce record avait été établi en septembre 2021 par les membres de la mission précédente, Shenzhou-12, restés trois mois dans Tianhe.
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« La raison de ce séjour prolongé, c’est de gagner en expérience en matière de missions de longue durée », a expliqué Erik Seedhouse, un professeur spécialisé dans les opérations spatiales à l’Université d’aéronautique Embry-Riddle, aux Etats-Unis.

Selon lui, « la principale difficulté pour les astronautes, ça va être de maintenir leur masse musculaire et de réduire leur perte osseuse » dans un environnement en apesanteur qui affaiblit les organismes.

Le nouvel équipage comprend deux hommes : Zhai Zhigang (55 ans), le premier chinois à avoir effectué une sortie extravéhiculaire, en 2008, et Ye Guangfu (41 ans), qui réalise son premier vol spatial.

Ils sont accompagnés de Wang Yaping (41 ans), qui participe à une nouvelle mission habitée, huit ans après un premier voyage en 2013, qui avait fait d’elle la deuxième chinoise dans l’espace. Elle deviendra également la première chinoise à effectuer une sortie dans l’espace.

« La Chine ne va pas réinventer la roue » avec Shenzhou-13, a expliqué Chen Lan, un analyste du site internet GoTaikonauts.com, spécialisé dans le programme spatial chinois. Mais « cela ne constituera pas un grand défi pour la Chine car ses technologies sont maintenant assez mûres. Mais toute opération dans l’espace est par essence un défi… »

Cette mission est la cinquième sur les 11 missions habitées et non habitées nécessaires à la construction de la station spatiale chinoise, qui devrait être achevée fin 2022. Appelée Tiangong (« Palais céleste »), cette station sera semblable en taille à l’ancienne station soviétique Mir (1986-2001). Elle aura une durée de vie d’au moins 10 ans.

Les deux autres modules constituant la station sont nommés Mengtian et Wentian (des laboratoires). Ils seront envoyés en 2022 dans l’espace et arrimés à Tianhe, afin de permettre aux taikonautes de faire des expériences en matière de biotechnologie, de médecine ou d’astronomie.

La Chine a décidé de bâtir une station après le refus des Etats-Unis de permettre aux chinois d’accepter à la Station spatiale internationale (ISS) – issue d’une collaboration entre Etats-Unis, Russie, Canada, Europe et Japon.

De son côté, l’agence spatiale chinoise a de nouveau assuré que des spationautes étrangers pourraient se rendre dans Tiangong.

La Chine investit depuis plusieurs décennies des milliards d’euros pour rattraper les autres puissances spatiales. En mai 2021, la Chine est est devenue le deuxième pays, après les Etats-Unis, à faire évoluer sur Mars un petit robot.

La Chine avait également posé début 2019 un engin sur la face cachée de la Lune – une première mondiale. En 2020, la Chine avait rapporté des échantillons lunaires et finalisé Beidou, son système de navigation concurrent du GPS américain.

En octobre 2021, la Chine a placé en orbite autour de la Terre son premier satellite d’observation du soleil. A l’avenir, la Chine prévoit d’envoyer des humains sur la Lune (vers 2030) et d’y ériger une base avec la Russie.