Après trois mois de pressions par les autorités chinoises, les grandes compagnies aériennes mondiales  font désormais référence sur leurs sites de réservation à Taïwan en tant que partie intégrante de la Chine.

L’autorité chinoise de l’aviation civile avait demandé en avril 2018 à 36 compagnies aériennes étrangères de référencer Taïwan comme appartenant à la Chine, soit «Taïwan, Chine» et non plus «Taïwan» seul.

Le 25 juillet était la date butoir pour qu’elles modifient leurs sites internet, ce qui a été fait. Auparavant, une partie des compagnies aériennes mondiales avaient obéi aux consignes de la Chine. Mais le changement était très attendu de la part des compagnies américaines car Washington avait dénoncé en mai «l’absurdité orwellienne» des exigences de Beijing.

Ces dernières ont pourtant cédé. A Hong Kong, la compagnie Cathay Airlines et sa filiale Dragon Air référencent  aussi à partir d’aujourd’hui l’île sous l’appellation «Taïwan, Chine». Plusieurs compagnies européennes (Air France, KLM, British Airways, Lufthansa, Finnair, SAS…) ont également fait le changement.

«Le transport aérien est un secteur d’activité mondial, nous respectons les règles des pays dans lesquels nous opérons», a indiqué à l’Agence France Presse le porte-parole d’American Airlines, Mme Shannon Gilson.

Désormais, les villes de Taipei et Kaohsiung ne continent plus la mention «Taïwan» dans la recherche des aéroports de départ ou d’arrivée sur les sites d’American. Geng Shuang, porte-parole du ministère chinois des affaires étrangères, a fait part lors d’un point de presse que «nous donnons un satisfecit aux compagnies étrangères ayant entrepris des changements».

Ce dernier a assuré que le gouvernement attend des entreprises étrangères «respectent la souveraineté et l’intégrité territoriale (du pays) et les sentiments du peuple chinois». De son côté, le gouvernement taïwanais a condamné «l’insolence» de la Chine, qui use de son poids politique et économique pour faire pression sur des entreprises étrangères.

«L’existence de Taïwan aux yeux de la communauté internationale est un fait objectif, qui ne disparaîtra pas parce que Pékin le décrète», a assuré le ministère taïwanais des Affaires étrangères.

Le porte-parole du gouvernement de Taïwan, Kolas Yotaka, a parlé de décision «injuste» et demandé le soutien de la communauté internationale. «Nous continuons à appeler la communauté internationale à ne pas devenir complice du harcèlement de la Chine», a-t-elle déclaré à la presse.