Les ministres des Affaires étrangères des Etats-Unis, de l’Australie, du Japon et de l’Inde ont débuté ce 11 février leurs discussions sur l’approfondissement de leur alliance dite du Quad, afin de contrer l’influence en pleine expansion de la Chine dans la région Asie-Pacifique.

Ne nommant jamais la Chine, le Premier ministre australien Scott Morrison (image de Une) a ouvert la journée en soulignant l’importance de ce groupe dans la mise en place de coopérations entre démocraties partageant les mêmes idées, faisant allusion aux relations difficiles de son propre pays avec Pékin.

« Nous vivons dans un monde très fragile, fragmenté et conflictuel », a-t-il souligné devant les diplomates invités. « Nous nous opposons à ceux qui cherchent à nous contraindre », a-t-il ajouté. Ainsi, Scott Morrison a dit son « grand réconfort » de savoir que ses trois partenaires comprennent « la contrainte et la pression que subit l’Australie ».

L’Australie a récemment accueillit le ministre lituanien des affaires étrangères qui a appelé les pays partageant les mêmes idées à utiliser des «outils et des réglementations» pour «résister à la coercition et ne pas céder aux pressions politiques et économiques» de la Chine.

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De son côté, le secrétaire d’État américain Antony Blinken a assuré que le défi à plus long terme reste l’avancée de la Chine, qui remet en cause « l’ordre traditionnel ». « A mon avis, il ne fait guère de doute que l’ambition de la Chine, à terme, est de devenir la première puissance militaire, économique, diplomatique et politique, non seulement dans la région mais aussi dans le monde », a-t-il déclaré au journal The Australian à la veille des discussions.

Le groupe du Quad a été lancé en 2007 mais n’a vraiment pris forme que récemment, après des affrontements violents à la frontière entre l’Inde et la Chine et un déploiement de la puissance militaire chinoise dans la mer de Chine méridionale.

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« Ensemble, nous formons un réseau vital de démocraties libérales qui s’engagent à coopérer concrètement et à faire en sorte que tous les pays de l’Indo-Pacifique, grands et petits, soient en mesure de prendre leurs propres décisions stratégiques, sans coercition », a déclaré la ministre australienne des Affaires étrangères Marise Payne, en amont du sommet.

Après des exercices navals communs en 2020 dans le Golfe du Bengale, la rencontre de Melbourne vise à approfondir la coopération dans des domaines tels que la lutte contre le Covid-19, les questions des technologies de l’information, avec notamment le déploiement des réseaux de télécommunications 5G, ou encore le changement climatique.

Pour le ministre japonais des Affaires étrangères, Yoshimasa Hayashi, le Quad devrait permettre d’établir « un ordre libre et ouvert fondé sur l’État de droit » dans la région Asie-Pacifique. Ce dernier a expliqué son propos en janvier devant son Parlement.

Cependant, la pandémie de Covid-19 a permis à ce groupe de s’attribuer une mission plus large que l’endiguement de la puissance chinoise. Ainsi, « les quatre pays ont utilisé ce cadre pour s’engager à distribuer 1,3 milliard de vaccins, dont 500 millions ont déjà été livrés », selon Mme Payne.

Pour les Etats-Unis, cette rencontre de Melbourne est l’occasion de réaffirmer son choix de faire de l’Asie le centre de sa politique étrangère et de défense. Même si l’Ukraine est « au centre des attentions » à Washington, a assuré Antony Blinken à son arrivée en Australie, « le monde est grand ».

« Nos intérêts sont mondiaux et vous savez tous très bien que nous mettons l’accent sur les régions Asie-Pacifique et Indo-Pacifique », a-t-il ajouté.