La Chine a annoncé le 7 juin qu’elle accordera aux Etats-Unis un quota de 250 milliards de yuans (33,6 milliards d’euros) permettant à des investisseurs américains d’acheter des actions, des obligations ou d’autres actifs chinois.

Il s’agit d’une première fois pour la Chine, qui tient à renforcer les relations financières sino-américaine ainsi que leur interdépendance. Il s’agit d’un montant record, comparé aux quotas alloué à la France, Singapour et Hong Kong.

D’ailleurs, les autorités financières ont augmenté les quotas pour certains pays et étendu la liste de ces pays : Australie, Chili, Malaisie et Thaïlande ont reçu, en mode test, 50 milliards de yuans (6,5 milliards d’euros), en 2015.

John Kerry et Xi Jinping à Beijing, septembre 2014

John Kerry et Xi Jinping à Beijing, septembre 2014

L’annonce a été faite par un gouverneur adjoint de la Banque populaire de Chine, Yi Gang, lors du Dialogue stratégique et économique sino-américain à Beijing : « nous pensons que le marché américain est très important, donc nous avons accordé un RQFII de 250 milliards de yuans aux Etats-Unis« , a souligné ce dernier, qui n’a pas donné de calendrier précis du dispositif.

Ce programme permet aux institutions financières américaines d’acheter en yuans des actions de classe A (actions, obligations et titres du marché monétaire) sur le marché boursier de la Chine continentale. Auparavant, le quota des Etats-Unis était estimé à 80 milliards de yuans.

Pour le ministre-adjoint du commerce Zhang Xianchen, l’amélioration du statut des Etats-Unis met en évidence le niveau sans précédent de la coopération économique sino-américaine. D’ailleurs, l’an dernier, la Chine est devenue pour la 1ère fois le principal partenaire commercial des Etats-Unis. Les échanges commerciaux bilatéraux se chiffrent à 558 milliards de dollars (458,5 milliards d’euros).

« La capacité à réaliser des transactions en renminbi aux Etats-Unis constituera un avantage réel, pour les petites entreprises en particulier et pour les grandes entreprises non-financières« , a déclaré le secrétaire au Trésor américain, Jack Lew. « Cela rendra les choses plus faciles et moins chères », a-t-il ajouté.

« La Chine et les Etats-Unis vont aussi désigner chacun une banque qualifiée pour la compensation de transactions en yuan aux Etats-Unis« , a précisé le vice-Premier ministre chinois Wang Yang.

Dans un entretien accordé à Sputnik News, le professeur de l’Académie russe de finances Boris Roubtsov a expliqué que le marché des actifs intéresse les américains « car les perspectives de l’économie chinoise attirent malgré certaines déclarations pessimistes. Leur économie poursuivra toujours le chemin du développement, bien que plus lentement, mais c’est clair qu’elle évolue, qu’elle a de bonnes perspectives, y compris des perspectives d’investissements. Donc, les avoirs en yuans intéresseront les investisseurs américains« .

D’après certains analystes, interrogés par l’agence Reuters, ce geste est « avant tout symbolique« , car les investisseurs peuvent acheter des actifs chinois, ayant accès à de multiples canaux depuis le lancement du programme des investisseurs institutionnels étrangers qualifiés en renminbi (RQFII), depuis 2011.