En juin 2020, un affrontement sanglant a eu lieu entre les armées de la Chine et de l’Inde au niveau de la frontière disputée entre les deux pays.

Le chef de l’armée indienne a affirmé que la Chine a envoyé un «nombre considérable» de soldats sur la partie disputée de leur frontière himalayenne, obligeant New Delhi à déployer un nombre équivalent d’hommes.

Les tensions sont vives entre la Chine et l’Inde qui possèdent l’arme nucléaire. Celles-ci ont été ravivé par un affrontement sanglant en juin 2020, à la frontière du Tibet et de la région indienne du Ladakh. Après cet accrochage meurtrier, les armées indienne et chinoise ont dépêché des milliers de soldats en renfort le long de cette frontière contestée dans l’Himalaya.

En septembre 2020, le Chef de l’armée indienne, le général Manoj Mukund Naravane, avait déclaré que la série de pourparlers militaires avec l’Armée populaire de libération (APL) de Chine avait permit de réduire les tensions dans la région frontalière de l’est du Ladakh.

La Chine et l’Inde sont alors parvenues à un accord pour résoudre le conflit frontalier lors d’une réunion entre le ministre des Affaires étrangères S Jaishankar et son homologue chinois Wang Yi en marge de la réunion de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS) à Moscou le 10 septembre 2020.

L’accord comprenait des mesures telles que le désengagement rapide des troupes, évitant toute action qui pourrait aggraver les tensions, l’adhésion à tous les accords et protocoles sur la gestion des frontières et des mesures pour rétablir la paix le long de la région ALC.

Plus d’un an après cet accord, le général Manoj Mukund Naravane a affirmé à des journalistes le 2 octobre 2021 au Ladakh que la présence de soldats chinois le long de la frontière de 3.500 kilomètres avait augmenté en «nombre considérable» et que c’était un «sujet d’inquiétude».

Ce dernier a affirmé qu’en réponse l’armée indienne renforçait sa présence le long de la frontière. «Nous avons également introduit des armes de pointe. Nous sommes forts, bien préparés pour faire face à toute éventualité», a-t-il déclaré selon des propos rapportés par le journal Times of India.

L’Inde et la Chine ont engagé plus d’une dizaines de cycles de pourparlers depuis l’affrontement en mai 2020 et, selon le général Naravane, une nouvelle réunion doit se tenir mi-octobre, afin de trouver un consensus.

Les propos du général Manoj Mukund Naravane interviennent quelques jours après que la porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Hua Chunying, a accusé les soldats indiens de franchir illégalement la frontière en territoire chinois, une accusation qui, selon New Delhi, n’est «pas fondée sur des faits».

Selon Times of India, l’armée indienne a déployé une artillerie plus sophistiquée le long de la ligne de contrôle réel (LAC) sur la frontière entre la Chine et l’est du Ladakh. De plus, des informations révèlent que trois régiments d’obusiers M777 auraient été déployés.

« L’Inde poursuit depuis longtemps une ‘politique d’avancement’ et traverse illégalement la LAC pour grignoter le territoire chinois, ce qui est la cause profonde des tensions dans la situation frontalière Chine-Inde », a répondu Hua Chunying, lors d’une conférence de presse le 29 septembre.

« La Chine s’oppose à toute course aux armements dans les zones frontalières contestées à des fins de compétition militaire pour le contrôle et sauvegarde toujours fermement la souveraineté et la sécurité territoriales nationales, tout en s’engageant à maintenir la paix et la stabilité dans les zones frontalières avec l’Inde« , a indiqué cette dernière.

Par la suite, des médias indiens ont rapporté, en citant des sources anonymes, que près de 100 soldats chinois avaient franchi la frontière dans l’État d’Uttarakhand plusieurs heures durant à la fin août.

La confrontation sanglante de 2020, qui avait fait 20 morts du côté indien selon New Delhi et quatre côté chinois selon Pékin, était le plus sérieux entre les deux géants asiatiques depuis la guerre-éclair de 1962 qui avait vu la Chine l’emporter facilement sur l’Inde.