Une campagne contre le gaspillage de la nourriture, intitulée « Assiettes vides », a été lancée par Xu Zhijun en 2013, malgré des débuts difficiles, elle se met doucement en place.

« Les mentalités et habitudes alimentaires évoluent au fil du développement social« , d’après Le Quotidien du peuple, car désormais « les chinois attachent de plus en plus d’attention aux principes d’économie et de lutte contre le gaspillage alimentaire« .

D’après des chercheurs de l’Académie des sciences de Chine, qui a enquêté dans près de 366 restaurants dans quatre villes, Beijing, Shanghai, Lhassa et Chengdu, 17 à 18 millions de tonnes de nourriture sont gaspillées chaque année.

Des chercheurs ont également indiqué que les aliments jetés dans l’industrie de la restauration seraient suffisants pour nourrir entre 30 et 50 millions de personnes et ceux gaspillés chaque année uniquement par les étudiants universitaires suffirait à nourrir 10 millions de personnes.

Face à l’ampleur de la situation, Xu Zhijun a publié pour la premier fois sur les réseaux sociaux, en avril 2012, une photo montrant son assiette vide à la fin d’un repas, incitant les autres à en faire de même.

Peu suivi, il aura fallu du président Xi Jinping lui même pour lancer le mouvement. Ce dernier s’est contenté d’un repas simple, lors d’une tournée de la province du Hebei. Par la suite les médias ont cité Xi Jinping qui a évoqué la campagne « Assiettes vides » de Xu Zhijun.

Selon le professeur Zhou Xiaozheng, directeur de l’Institut de droit et des sciences sociales de l’université Renmin, après le soutien de la campagne par le gouvernement et de la société civil en 2013, la quantité quotidienne de déchets alimentaires à Beijing a été réduite de 3000 tonnes, soit 20-30% du total des déchets alimentaires.

Malgré la bonne volonté, certains restaurants n’ont tenu leur promesse de réduire leur portion en 2013 et les « frais minimums » ont refait surface. Ces frais correspondent  à l’obligation des clients à commander une quantité minimum de plats, autrement ceux-ci doivent s’acquitter d’une amende. L’Association des consommateurs de Chine avait pourtant demandé l’abolition de cette pratique en 2013, en vain.

Interrogé par La Chine au présent, Liu Junguo, chercheur à l’Université forestière de Beijing, le taux de perte alimentaire serait de 19% pour l’ensemble de l’industrie de l’alimentation, et les déchets seraient composés en majorité de céréales.