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Les musulmans chinois au cœur des Nouvelles routes de la soie -1

Alors que le partenariat stratégique entre la Chine et l’Égypte se renforce, les musulmans chinois jouent un rôle de plus en plus central en tant que pièces maitresses de l’initiative « Une Ceinture, une Route »

Ecrit par François Napoléon, journaliste basé à Pékin, Chine   

Mosquée Al-Rifa’i au Caire

Ding Mengyuan se sent parfaitement l’aise dans le district Abbasiya du Caire. Le traducteur chinois de 34 ans, qui parle couramment l’arabe, dit que ses origines culturelles et son héritage religieux en tant que musulman chinois facilitent ses rapports avec les Égyptiens, ce fait de lui un atout précieux pour la société d’État chinoise où il travaille.

En effet, ce fut d’abord les perspectives attrayantes d’un meilleur travail et d’un salaire plus élevé qui ont conduit Ding à partir pour l’Égypte en 2010, peu de temps après l’obtention de son diplôme universitaire. Le jeune musulman chinois a rapidement réalisé que son héritage musulman pourrait servir de tremplin pour développer sa carrière à l’étranger.

« On trouve des gens de ma communauté partout ici. Partout où il y a une entreprise chinoise opérant en Égypte ou au Moyen-Orient, vous pouvez être certain que des musulmans chinois en font partie, et œuvrent à établir des relations avec les populations locales et les autorités locales », a déclaré Ding.

Ding appartient à la minorité ethnique des Hui, la plus grande minorité musulmane de Chine, avec une population de 10,5 millions, selon le recensement de la population de 2012 en Chine. Les Hui sont considérés comme les descendants directs des commerçants de l’ancienne Route de la soie, qui transportaient des produits comme de la soie, des gemmes et des épices, mais aussi des manuscrits, des œuvres d’art et des idées entre la Chine et l’Occident.

Avec un pied dans chaque culture, les musulmans chinois ont toujours été les mieux placés pour profiter des opportunités le long de ces anciennes routes commerciales. De nos jours, plutôt que de voir leur pertinence diminuer, ces descendants éloignés des voyageurs de la Route de la soie réclament à nouveau leur rôle traditionnel d’« intermédiaires » culturels et commerciaux le long de ces anciennes routes.

Aux prises avec un ralentissement économique, la Chine a mis ses espoirs pour sa croissance future dans l’initiative « Une Ceinture, une Route », un vaste réseau international d’infrastructures de transport et de commerce lancé en 2013 par le Président Xi Jinping. Dans les coulisses, les jeunes musulmans chinois comme Ding sont devenus un élément clé de ce projet pharaonique parrainé par Pékin. En fait, le succès de l’initiative de Pékin dépendra en grande partie du travail de personnes comme Ding, qui voyagent, travaillent et sont directement engagés avec les communautés locales le long de ces routes.

Nouvelles opportunités, anciennes routes

Ding n’est pas le seul à profiter de son héritage pour chercher des opportunités en Égypte — aidant par le fait même la Chine à réussir ses nombreux projets à l’étranger. Depuis les années 1980, les musulmans chinois comme Ding ont été à maintes reprises employés en tant que traducteurs et « experts culturels » dans les projets chinois de construction et d’investissement dans les pays arabophones et islamiques, écrit Frauke Drewes de l’Université de Münster.

L’Égypte ne fait pas exception à cette tendance, et au fil du temps, les échanges croissants entre les deux pays ont conduit à l’établissement d’une petite communauté musulmane chinoise au Caire. Il y aurait environ 20 000 Chinois en Égypte, dont plus de 10 000 au Caire, selon Arab West Report, un nombre qui continue de croître avec la montée de la Chine en tant que principal partenaire économique de la région.

Parmi eux se trouve Hong Jun, un jeune musulman chinois de Yinchuan, capitale de la région autonome Hui du Ningxia. En Chine, Hong ne pouvait s’imaginer que son héritage religieux et ses compétences en langue arabe le conduiraient à voyager à travers le monde arabe. « J’ai toujours considéré l’arabe comme un moyen de communication, un moyen de construire des relations, mais jamais en tant que profession », dit-il.

Comme beaucoup de ses pairs musulmans chinois, ses compétences culturelles et son esprit d’aventure l’ont amené en Égypte, où il a étudié pendant une année à l’université Al-Azhar au Caire. Il a ensuite été employé par une société d’État chinoise basée dans la région. Bien que les conditions de travail étaient difficiles, elles étaient compensées par un salaire élevé, en moyenne quatre fois plus élevé que pour le même emploi en Chine, dit Hong.

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