En visite au Nigeria, le ministre des affaires étranges, Wang Yi, a promit l’injection d’un supplément de 40 milliards de dollars dans l’économie nigériane, lors d’une rencontre bilatérale avec son homologue nigérian Geoffrey Onyeama, à Abuja, au Nigéria.

Coopération bilatérale autour de 5 secteurs clés

Des investissements de l’ordre de 45 milliards de dollars (41 mds €) ont déjà été consentis par la Chine dans divers secteurs de l’économie nigériane, dont le transport. « Et nous planifions un nouvel investissement de 40 milliards de dollars (36,5 mds €)« , a-t-il indiqué Wang Yi.

Ce dernier a d’ailleurs indiqué que « si on prend en compte la taille, la population et les marchés de nos deux pays, il est évident que notre coopération a encore un grand potentiel de développement« .

Wang Yi a affirmé que « pour continuer à encourager le développement et la prospérité de nos deux pays, nous devons renforcer la confiance politique mutuelle et approfondir la complémentarité de notre coopération« .

Geoffrey Onyeama et son homologue chinois se sont accordés à accroître la coopération dans cinq secteurs clés : la sécurité, l’économie et le développement des infrastructures, l’éducation, l’agriculture et la confiance mutuelle.

« Une seule Chine » pour Geoffrey Onyeama

De plus, à l’occasion de cette visite, le gouvernement nigérian a tenu à réaffirmer son engagement dans la politique d’une seule Chine, affirmant que « le Nigéria continuera à s’engager dans le renforcement de l’amitié et de la coopération de longue date avec la Chine ».

Dans une déclaration commune, le gouvernement de la République fédérale du Nigeria dit reconnaître « qu’il n’y a qu’une seule Chine dans le monde, que le gouvernement de la République populaire de Chine est le seul gouvernement légitime représentant l’ensemble de la Chine et que Taiwan est une partie inaliénable du territoire de la Chine« .

De son côté, Wang Yi a déclaré que « la Chine réaffirme son engagement à développer activement le partenariat stratégique Chine-Nigeria« .

Demande de fermeture du Bureau de Taïwan

Preuve de cet engagement, le Nigeria a demandé la fermeture du Bureau de Taïwan à Abuja, capitale du Nigeria, et le transfert de sa mission commerciale à Lagos.

Le chef de la diplomatie Geoffrey Onyeama a déclaré que le Bureau de Taïwan ne fonctionnerait plus qu’à Lagos, et avec un personnel très réduit. Cette décision intervient annonce de Sao-Toméprès de trois semaines après l’ de rompre ses relations diplomatiques avec Taipei, au profit de Beijing.

« Taiwan cessera de jouir de tout privilège, car ce n’est pas un pays reconnu par le droit international ni en vertu de notre position officielle. Nous reconnaissons la République populaire de Chine, et la politique d’une seule Chine« , a assuré le ministre nigérian des affaires étrangères.

Ce dernier a fait savoir que son gouvernement avait informé Taïwan de sa décision et avait ordonné au Bureau de Taïwan à Abuja de fermer ses portes. Selon Geoffrey Onyeama, « cette décision vise à lever les doutes quant à l’autorisation qu’avait reçue Taïwan d’ouvrir une mission commerciale qui avait affecté la confiance entre la Chine et le Nigeria ».

Taipei réagit

Le ministère des affaires étrangères de Taïwan a contesté cette demande, la considérant comme une nouvelle pression de la part de Beijing pour isoler le gouvernement taïwanais

Taïwan n’a pas de relations diplomatiques avec le Nigeria, mais dispose d’un bureau pour gérer les affaires à Abuja, mais désormais, celui-ci se trouvera à Lagos, l’ancienne capitale nigériane.

« Le ministère des affaires étrangères exhorte le Nigeria à laisser de la place pour la discussion« , a déclaré le ministère taïwanais dans un communiqué. Le ministère « critique sérieusement et condamne les actions déraisonnables du gouvernement nigérian« , a indiqué le communiqué, cité par l’agence de presse, Reuters.

Taiïwan peut compter actuellement sur 21 alliés formels, dont 2 en Afrique. Et bien que l’île ne possède pas de relations diplomatiques formelles avec certains pays africains, les autorités y installent souvent des bureaux de commerce, dans les capitales et les grandes villes.

N’ayant pas reconnu le Consensus de 1992, le gouvernement de Tsai Ing-wen pourrait faire face à de nouvelle défections de la part de ses alliés.