La guerre commerciale entre la Chine et les Etats-Unis se répercute dans le domaine militaire, avec le récent incident en mer de Chine méridionale.

Un navire de guerre chinois est passé à moins de 45 yards (41 mètres) du destroyer lance-missiles USS Decatur à proximité d’îles revendiquées par Beijing. Cette manoeuvre a été qualifiée par l’US Navy de « dangereuse et non professionnelle », ayant forcé le navire américain à modifier sa trajectoire.

Confrontation sino-américaine en mer de Chine méridionale

« La confrontation entre le destroyer chinois et l’USS Decatur a été la plus sérieuse à ce jour », a indiqué à l’Agence France Presse, Timothy Heath, de la Rand Corporation. Celle-ci « pourrait bien refléter la hausse des tensions entre la Chine et les Etats-Unis. Mais elle paraît aussi refléter une volonté croissante de Pékin de tester les Américains en mer de Chine méridionale ».

Les autorités chinoises ont dénoncé l’opération de « liberté de navigation » du navire américain, qui « menace gravement la souveraineté et la sécurité de la Chine, endommage gravement les relations entre la Chine, les États-Unis et leurs armées, et porte gravement atteinte à la paix et la stabilité régionales ».

L’annulation de la visite du ministre américain de la Défense, Jim Mattis, en Chine, alors qu’il devait rencontrer en octobre son homologue Wei Fenghe pour des discussions axées sur la sécurité. Or Wei Fenghe ne s’est pas rendu disponible.

Dernièrement, des bombardiers B-52 américains ont survolé la semaine dernière des zones disputées de la mer de Chine, dans le cadre de ce que les Etats-Unis appellent « présence continue de bombardiers » dans la région, des opérations destinées à affirmer la présence américaine dans le Pacifique. La Chine avait vigoureusement protesté contre ces survols « provocateurs ».

Des bombardiers américains survolent les mers de Chine

Jim Mattis a reconnu qu’il y avait des « tensions » entre la Chine et les Etats-Unis mais il s’est voulu rassurant, affirmant qu’elles n’allaient « pas s’aggraver ». Mais Bonnie Glaser, du Center for Strategic and International Studies (CSIS), a estimé que les tensions entre les deux pays risquent fort de perdurer, car elles servent les objectifs de Donald Trump, qui a accusé la semaine dernière la Chine d’interférence dans les élections américaines.

« Tout ceci ressemble fort à une stratégie du président », a indiqué Bonnie Glaser à l’Agence France Presse, ajoutant qu« il veut juste s’assurer qu’il fait pression sur la Chine autant que possible ».