Lors de son premier déplacement à l’étranger depuis le début de la pandémie, le président chinois Xi Jinping rencontrera cette semaine son homologue russe, lors d’un sommet régional en Ouzbékistan.

Si Pékin n’a jamais soutenu explicitement l’invasion russe, elle ne l’a pas condamnée et a en revanche dénoncé les sanctions occidentales et les ventes d’armes à Kiev. Et, pour la Chine, Moscou est un partenaire clé pour faire contrepoids à Washington sur la scène internationale.

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Yang Jiechi, le responsable de la diplomatie au sein du Parti communiste, a récemment déclaré à l’ambassadeur de Russie en Chine que les deux pays pourraient mutuellement « promouvoir le développement de l’ordre international dans une direction plus juste et raisonnable ».

Le numéro 3 chinois en visite en Russie

Lors d’une visite à Vladivostok, ville dans l’Extrême-Orient russe, le président du Comité permanent de l’Assemblée populaire nationale (APN) de Chine, Li Zhanshu, est devenu le plus haut dirigeant chinois à se rendre en Russie depuis le début de l’intervention militaire russe.

Ce dernier a rencontré le président de la Douma d’Etat russe Viatcheslav Volodine, la présidente du Conseil de la Fédération de Russie Valentina Matviyenko, et cinq factions de la Douma d’Etat.

Il a affirmé que grâce aux orientations stratégiques et aux efforts personnels des présidents Xi Jinping et Vladimir Poutine, le partenariat stratégique global de coordination Chine-Russie dans l’ère nouvelle maintenait un fort élan de développement.

Selon l’agence de presse, Xinhua, ce dernier a souligné « la confiance politique mutuelle, la coordination stratégique et la coopération pragmatique entre les deux pays (ayant, ndlr) atteint un niveau sans précédent, constituant un bon exemple de relations de bon voisinage et de coopération gagnant-gagnant entre les grands pays et les pays voisins ».

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« La Chine souhaite continuer à travailler de concert avec la Russie pour que les deux pays se soutiennent résolument sur les questions relatives aux intérêts fondamentaux et aux préoccupations majeures de chacun, mettent en oeuvre l’Initiative pour le développement mondial et l’Initiative pour la sécurité mondiale proposées par le président Xi, et transforment la confiance politique mutuelle de haut niveau en plus de résultats de coopération pragmatique », a ajouté Li Zhanshu.

La rencontre Xi-Poutine pourrait avoir lieu

Selon l’Agence France Presse, le déplacement de Li Zhanshu est un moyen pour la Chine d’éviter d’être la cible de sanctions occidentales en raison de la guerre en Ukraine. Alors que, selon la transcription russe de ses déclarations, la Chine dit «comprendre pleinement la nécessité de toutes les mesures prises par la Russie pour protéger ses intérêts» et «fournir (son) assistance». Cette déclaration ne figure pas dans la version chinoise.

«Comme la position russe se détériore, Poutine va chercher à obtenir un soutien plus fort de la Chine», a indiqué Hal Brands, professeur en relations internationales à l’Institut John Hopkins de Washington.

Si la rencontre entre Xi Jinping et Vladimir Poutine a lieu, elle se déroulera «à un moment de grands mouvements sur le champ de bataille, ce qui veut dire que la Russie place ses nombreux espoirs dans l’aide de la Chine», a précisé à l’AFP, Joseph Torigian, expert en politique internationale à l’Université américaine à Washington.

La question que se pose ce dernier est de savoir si la Russie ne va pas «en demander trop et dans quelle mesure la Chine pense pouvoir aider (Moscou) sans sacrifier ses propres intérêts économiques».