« Taïwan est une partie inaliénable du territoire chinois », assure Beijing, soucieux de préserver sa politique d' »une seule Chine » ou « Chine unique« , selon les termes employés.

Les drapeaux de Taïwan et de la Chine continentale

Le principe d’une seule Chine a été établi en 1979, par le secrétaire du Parti communiste chinois, Deng Xiaoping, lorsqu’il lance la « politique de réunification pacifique », devenue peu à peu le concept d' »un Etat, deux systèmes« , dont Hong Kong dépend.

Considérée comme « la pierre angulaire de la politique du gouvernement« , cette politique se concentre depuis 1979 sur les points suivants :

  • œuvrer pour une réunification pacifique, sans promettre pour autant d’abandonner l’idée d’une intervention armée ;
  • intensifier activement les échanges dans les domaines économique, culturel et personnel entre les deux rives du détroit ;
  • établir le plus tôt possible des liaisons directes postales, aériennes, maritimes et commerciales entre les deux rives du détroit : réaliser la réunification pacifique par la voie des négociations, entamer un dialogue couvrant tous les domaines, à condition de reconnaître le principe d’une seule Chine
  • après la réunification, la politique « un Etat, deux systèmes » sera appliquée : la Chine continentale conservera son système socialiste, tandis que le système capitaliste actuellement en vigueur à Taïwan pourra subsister pendant une longue période de temps
  • après la réunification, Taïwan jouira d’une haute autonomie, le gouvernement central n’enverra pas de troupes ni de personnel administratif à Taïwan
  • résoudre le problème de Taïwan constitue une affaire intérieure de la Chine, le règlement de ce problème dépend des Chinois eux-mêmes, sans avoir besoin des forces étrangères.

En janvier 1995, le président Jiang Zemin assure que « le maintien du principe d’une seule Chine constitue la base et la condition préalable pour réaliser la réunification pacifique ».

Cependant, « le problème de Taïwan est un legs issu de la guerre civile » nationaliste-communiste, qui a opposé le Kuomintang (KMT, parti nationaliste) et le Parti communiste chinois (PCC) ou Gongchandang entre 1927 et 1949/50. A la fin de cette guerre, Taïwan – République de Chine – retourne sous le giron chinois, après avoir été annexé par le Japon.

Présidente de la République de Chine, Taïwan, Tsai Ing-wen

Mais, « jusqu’à présent, les deux rives du détroit n’ont pas mis fin à l’état d’hostilité ». Ces hostilités devraient perdurer, car la dirigeante de Taïwan, issu du Parti Démocrate et Progressiste, Tsai Ing-wen n’a pas reconnu le Consensus de 1992, qui acte le principe d’une seule Chine.

Les textes assurent que « pour sauvegarder la souveraineté et l’intégrité territoriale de la Chine et réaliser la réunification des deux rives du détroit, le gouvernement chinois a le droit d’utiliser tous les moyens nécessaires », pacifique, via des négociations, actif, avec une intervention militaire.

En 1979, le gouvernement chinois a proclamé l’application de la politique de réunification pacifique sous une condition : les autorités de Taïwan doivent insister sur l’existence d’une seule Chine dans le monde et doivent reconnaître que Taïwan fait partie intégrante de la Chine.

De fait, la communauté internationale n’a pas d’influencer, ni de droit d’ingérence dans les affaires de la Chine, car « la façon de régler le problème de Taïwan est une affaire intérieure de la Chine et que la Chine n’a pas à promettre de renoncer à l’emploi de la force armée ».

Les intentions militaires ne sont pas dirigés « contre les compatriotes de Taïwan, mais contre la machination visant   à l’indépendance de Taïwan et l’intervention étrangère qui entraverait la réunification de la Chine. (…) Le recours à la force armée serait l’ultime choix ».

Or « si les autorités taïwanaises nient le principe d’une seule Chine et tentent de séparer Taiwan de la Chine, il n’y aura plus de base ni de condition préalable pour réunifier la patrie par voie pacifique », précisent les textes. Depuis plusieurs mois, Beijing tente d’appeler la présidence de la République de Chine a reconnaître le principe. En vain, les indépendantistes gagnent du terrain et la dirigeante de Taïwan ne s’est toujours pas exprimé dans ce sens depuis son investiture, le 20 mai 2016.

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