Quelques jours avant le Forum de l’importation en Chine, la France et l’Allemagne avait co-signé une tribune appelant le gouvernement chinois à ouvrir davantage son marché aux entreprises étrangères.

Cet appel est l’un des nombreux lancés par les européens aux autorités chinoises. Dernièrement, la commissaire européenne au Commerce, Cécilia Malmström, a appelé le 16 novembre la Chine à s’engager aux côtés de l’Europe dans la réforme de l’Organisation Mondiale du Commerce.

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Nouvel appel de l’Union européenne à la Chine

« La Chine a beaucoup tiré profit de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) et nous l’appelons à s’engager à nos côtés pour réformer et moderniser le système, afin de créer les conditions d’une concurrence saine », a plaidé la commissaire, lors d’une conférence sur la réforme de l’OMC à Paris.

« Sinon, ce seront les Etats-Unis qui créeront leurs propres règles en dehors du système », a déploré Cécilia Malmström, qui souhaite adapter les règles du commerce international, aux côtés du ministre français des Finances, Bruno Le Maire, et du directeur général de l’OMC, Roberto Azevedo.

« Les règles ont besoin d’être actualisées. Lorsque nous les avons conçues en 1995, nous avions à l’esprit un autre système économique », a-t-elle reconnu. « Aujourd’hui, il n’est plus d’actualité. »

« Nous avons besoin de traiter les distorsions (…) provoquées par certaines pratiques comme les subventions à l’industrie, le rôle de l’Etat dans les entreprises publiques et le transfert forcé de technologie », a-t-elle affirmé. Une déclaration indirecte aux accusations faites contre la Chine par Bruxelles et Washington, de soutenir ses entreprises par des subventions d’Etat.

En réaction à la demande de cette dernière, Zhang Xiangchen, représentant de la Chine à l’OMC, a assuré que son pays est prêt à discuter des problèmes de fonds soulevés comme la question des excédents de capacité.

Il a toutefois précisé que « si quelqu’un souhaite, au nom de la réforme, enfermer la Chine dans un carcan de règles commerciales qui contraindraient son développement, je pense qu’il sera très déçu ».

La France, tête de proue des nouvelles règles

Pour sa part, le ministre français des Finances, Bruno Le Maire a plaidé pour une réforme « rapide, concrète et ambitieuse » de l’OMC, car « nous sommes aujourd’hui dans une situation de guerre froide commerciale entre les Etats-Unis et la Chine qui est dangereuse pour notre économie, pour la croissance et pour nos emplois. Il faut en sortir ».

Ce dernier a également dénoncé les sanctions commerciales prises récemment par l’administration Trump. « Il y a une mauvaise réponse, c’est avoir une riposte de plus en plus dure qui va nous faire passer de la guerre froide commerciale à une véritable guerre commerciale ouverte », a-t-il prévenu.

Selon lui, « cette guerre commerciale ouverte serait un suicide économique pour le monde entier », car elle « ne fera que des perdants. Elle est injustifiée, injustifiable et elle est tout simplement stupide ». Selon le ministre, la bonne réponse « c’est le nouveau multilatéralisme » proposé par le président français Emmanuel Macron qui doit se traduire par « une transformation de l’OMC ».

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Réponse positive de la Chine

La Chine avait alors répondu positivement à cet appel et s’était dite « prête à travailler » avec tous les membres de l’OMC pour en rendre les règles « plus ouvertes, plus inclusives, plus transparentes, et non-discriminatoires ».

Zhang Xiangchen, représentant de la Chine à l’OMC, a assuré que son pays est prêt à des concessions dans les négociations visant à réformer l’Organisation mondiale du commerce, mais il ne se laissera pas imposer de carcan.

Ce dernier s’exprimait lors d’une conférence sur la réforme de l’OMC à Paris, voulue par les Etats-Unis qui reprochent à l’organisation de ne pas avoir sanctionné la Chine pour ses manquements aux règles internationales.

Co-signataire de la proposition de l’Union européenne (UE) de réformer l’organe d’appel de l’OMC, « nous présenterons aussi la proposition chinoise de réforme de l’OMC », a indiqué Zhang Xiangchen, d’après le discours que l’agence de presse britannique, Reuters s’est procuré.

Concernant les commentaires et les griefs adressés à la Chine, « nous allons les étudier attentivement pour voir si certains d’entre eux peuvent être pris en compte dans le processus de réforme institutionnelle en Chine« , a-t-il dit.