Le ministre taïwanais de la Défense, Chiu Kuo-cheng, a estimé que d’ici 2025, la Chine aura la capacité de déclencher une guerre et de maintenir le coût du conflit à un niveau minimum.

Selon lui, la Chine sera en mesure de lancer une « invasion à grande échelle de Taïwan d’ici 2025 », a déclaré le ministre taïwanais de la Défense.

Chiu Kuo-cheng a avertit que le détroit de Taïwan connaît la « situation la plus difficile » : « C’est la situation la plus difficile que j’ai vue en plus de 40 ans de carrière militaire », a déclaré le ministre taïwanais, selon le quotidien South China Morning Post.

Ses déclarations interviennent dans un contexte d’escalade des tensions entre la Chine et Taiwan. Des avions militaires chinois ont en effet pénétré près de 150 fois dans la zone d’identification de défense aérienne de Taïwan au cours des derniers jours.

Lire aussi : Nouvelle incursion d’avions chinois dans la zone aérienne de Taïwan

Pour tout savoir de Taïwan, cliquez sur l’image!

La zone d’identification de défense aérienne est une zone tampon située à l’extérieur de l’espace aérien d’un pays, où celui-ci a le droit de demander aux avions en approche de s’identifier.

Chiu Kuo-cheng, général d’armée à la retraite, a averti que la Chine « aura la capacité d’organiser une invasion à grande échelle de Taïwan d’ici 2025 ».

La Chine revendique Taïwan comme une « province sécessionniste », alors que Taipei insiste sur son indépendance depuis 1949 et entretient des relations diplomatiques avec au moins 15 pays.

« D’ici 2025, Pékin sera en mesure de maintenir le coût d’un tel conflit au minimum, ce qui signifie que la Chine aurait la pleine capacité de déclencher une guerre », a assuré le ministre, qui a ajouté que « les communistes chinois ont déjà la capacité de le faire aujourd’hui, mais ils doivent réfléchir au coût et aux conséquences du déclenchement d’une guerre ».

D’après l’Agence France Presse, le président américain Joe Biden et son homologue chinois Xi Jinping ont évoqué, le 5 octobre de journée, les tensions croissantes autour de Taïwan.

« J’ai parlé avec Xi de Taïwan. Nous sommes d’accord… Nous respecterons l’accord sur Taïwan », a déclaré Joe Biden, ajoutant : « J’ai dit clairement que je ne pense pas qu’il devrait faire autre chose que de respecter l’accord. »

Les États-Unis ont officiellement reconnu la République populaire de Chine en 1979 et ont transféré leurs relations diplomatiques de Taipei à Pékin, ce qui implique que Taïwan fait partie de la Chine continentale.

Washington, le principal fournisseur d’armes de Taipei, a toutefois qualifié de « provocation » et d’actions « déstabilisantes » les opérations aériennes de la Chine au-dessus du détroit de Taïwan.

Cliquez pour en savoir plus sur les relations entre la Chine et les Etats-Unis

La Chine, de son côté, a répliqué en déclarant que les « affirmations de la partie américaine ont violé la politique d’une seule Chine et … envoyé un signal extrêmement négatif et irresponsable ».

La porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Hua Chunying, a d’ailleurs assuré le 4 octobre que « les Etats-Unis devraient cesser de soutenir les forces séparatistes recherchant l’indépendance de Taiwan et prendre des mesures concrètes pour maintenir la paix et la stabilité à travers le détroit de Taiwan ».  

La porte-parole Hua Chunying a ainsi réagit à la déclaration de Ned Price, porte-parole du département d’Etat américain, qui a exhorté «Pékin à cesser ses pressions militaires, diplomatique et économique, et sa coercition contre Taïwan», et réaffirmé «l’engagement indéfectible» américain aux côtés de Taiwan.

Selon Hua Chunying, «Taiwan est une partie inséparable de la Chine, et il n’appartient pas aux Etats-Unis de faire des remarques irresponsables. Les remarques américaines connexes ont gravement violé le principe d’une seule Chine et les dispositions des trois communiqués conjoints sino-américains, envoyant des signaux extrêmement erronés et irresponsables».