La dirigeante sortante de Taïwan, Tsai Ing-wen a été réélue le 11 janvier pour un nouveau mandat après une campagne faite contre l’autoritarisme de Beijing.

Dirigeante réélue de la République de Chine, Taïwan, Tsai Ing-wen

« Taïwan a montré au monde à quel point nous aimons notre mode de vie libre et démocratique ainsi que notre nation », a lancé Tsai Ing-wen, devant la presse en annonçant sa victoire.

« La paix, c’est que la Chine abandonne ses menaces contre Taïwan », a assuré la dirigeante de 63 ans. « J’espère que les autorités à Pékin comprendront que Taïwan, pays démocratique, et que notre gouvernement démocratiquement élu, ne cèderont pas aux menaces et à l’intimidation », a ajouté cette dernière.

La Chine considère Taïwan comme une de ses provinces et veut y instaurer le principe d’Un pays, deux systèmes comme à Hong Kong. Séparée politiquement de la Chine depuis 70 ans, Taïwan n’est toutefois pas considérée comme un pays indépendant par la communauté internationale, d’où l’appelation de « dirigeante » et non de « présidente ».

Seule une poignée de capitales entretient des relations diplomatiques avec la République de Chine, Haïti et son Président Jovenel Moïse, qui a félicité la nouvelle élue : « Le Peuple et le Gouvernement haïtiens se joignent à moi pour présenter à S.E. Mme Tsai Ing-wen nos plus chaleureuses félicitations à l’occasion de sa brillante réélection à la Présidence de la République de Chine (Taïwan) et lui souhaiter du coup bonne besogne ».

Tsai Ing-wen se présente comme la garante des valeurs démocratiques face au pouvoir communiste jugé autoritaire du président Xi Jinping. Elle a été réélue avec 57,1% des suffrages, réunissant 8,1 millions de voix, soit 1,3 million de plus que lors de la précédente élection en 2016.

« La victoire de Tsai Ing-wen est une gifle pour Pékin car les Taïwanais n’ont pas cédé aux intimidations », a déclaré l’analyste politique Hung Chin-fu de l’université nationale Cheng Kung à Taïwan, à l’Agence France Presse.

Depuis l’arrivée de Tsai Ing-wen au pouvoir et non refus d’admettre l’existence du Consensus de 1992, les deux partie du détroit de Taïwan ont coupé les communications officielles.

Depuis les prises de position se succèdent, Taipei a refusé d’adhérer au principe d’une seule Chine, a demandé le soutien à plusieurs reprises les Etats-Unis et leurs présidents, a apporté son soutien aux manifestants hongkongais, et entre autre dénoncé l’autoritarisme de Beijing. De l’autre côté, la Chine a intensifié ses exercices militaires, durci les pressions économiques et récupéré sept alliés diplomatiques de Taipei.