Quinze pays d’Asie et du Pacifique ont signé ce 15 novembre un important accord commercial, promu par la Chine, lors de la clôture d’un sommet virtuel de l’ASEAN qui a débuté le 12 novembre.

Ce Partenariat régional économique global (RCEP) vise à créer une gigantesque zone de libre-échange entre les 10 Etats de l’ASEAN, la Chine, le Japon, la Corée du Sud, l’Australie et la Nouvelle-Zélande.

Il devient l’accord commercial le plus important du monde en termes de Produit intérieur brut, selon des analystes, et concerne plus de 2 milliards d’habitants.

« Je suis heureux qu’après huit années de négociations complexes, nous puissions terminer officiellement aujourd’hui les négociations du RCEP », a déclaré le Premier ministre vietnamien Nguyen Xuan Phuc, qui assure la présidence tournante de l’ASEAN.

L’idée de ce pacte remonte à 2012 et est considéré par des analystes occidentaux comme une réponse de la Chine à l’initiative américaine du Traité de libre-échange transpacifique, aujourd’hui abandonné.

Il « consolide les ambitions géopolitiques régionales plus larges de la Chine autour des ‘nouvelles routes de la soie’ », a indiqué Alexander Capri, professeur à la Business School de l’Université Nationale de Singapour, à France 24.

« Dans les circonstances mondiales actuelles, le fait que le RCEP ait été signé après huit ans de négociations apporte un rayon de lumière et d’espoir au milieu des nuages« , a déclaré le Premier ministre chinois Li Keqiang après la signature virtuelle.

Le RCEP, dont les membres représentent 30% du PIB mondial, sera « une étape majeure pour la libéralisation du commerce et de l’investissement » dans la région, a estimé Rajiv Biswas, économiste en chef pour l’Asie et le Pacifique du consultant IHS Markit.

D’autant que la signature de cet accord intervient dans un contexte de forte crise économique en raison de l’épidémie de Covid-19 pour les dix membres de l’ASEAN.

Les membres de l’ASEAN + attendent beaucoup de cet accord, qui devrait leur permettre de relancer leurs économies grâce à des produits moins chers à l’exportation, et une harmonisation des procédures administratives pour les entrepreneurs.

Alors que certains signataires luttent encore contre la pandémie de Covid-19, ils espèrent que le RCEP les aidera à en atténuer le coût, qui a ralenti leurs économies.

De plus, l’accord comprend également la propriété intellectuelle, mais ne concerne pas la protection des travailleurs et à l’environnement.

Bémol de ce nouveau pacte : l’absence de l’Inde qui s’en est retiré par crainte de voir des produits chinois à bas prix envahir son marché. New Delhi a toutefois la possibilité de rejoindre cet accord plus tard.