Le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken a exhorté la Chine à libérer de manière inconditionnelle le canadien Michael Spavor, condamné par un tribunal chinois à 11 ans d’emprisonnement pour espionnage.

Le gouvernement canadien va faire appel du verdict de l’homme d’affaires Michael Spavor, que le Premier ministre Justin Trudeau considère «absolument inacceptable et injuste». Sa condamnation à 11 ans de prison survient après le rejet de l’appel d’un autre Canadien, condamné, lui, à mort pour trafic de drogue en Chine.

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Actuel Premier ministre du Canada, Justin Trudeau

Le secrétaire d’État américain Antony Blinken a appelé la Chine à libérer « immédiatement » et « sans condition » le canadien Michael Spavor condamné par un tribunal chinois à 11 ans d’emprisonnement pour espionnage.

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Le consultant avait été arrêté le 10 décembre 2018, dans ce qui est perçu au Canada comme une mesure de représailles après l’arrestation le 1er décembre 2018 à Vancouver de Meng Wanzhou, la directrice financière du géant chinois des télécoms Huawei.

La Chine dément se servir des deux canadiens emprisonnés comme monnaie d’échange. La peine contre Michael Spavor a été annoncée alors que Meng Wanzhou comparaît jusqu’au 20 août devant un tribunal canadien pour une dernière série d’audiences consacrées à sa possible extradition.

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Un autre Canadien, l’ex-diplomate Michael Kovrig, avait également été interpellé puis détenu en même temps que Michael Spavor pour des motifs similaires d’espionnage.

« Nous condamnons toujours ces détentions arbitraires ainsi que la peine prononcée contre Michael Spavor », a fustigé Antony Blinken.

L’Union européenne a également dénoncé la condamnation du Canadien Michael Spavor, car il n’a pas bénéficié d’un «procès équitable», et a affiché sa «solidarité» avec Ottawa.

«Les détentions arbitraires n’ont pas leur place dans les relations internationales», a réagi sur Twitter Charles Michel, le président du Conseil européen, l’instance des 27 États membres.

«L’UE exprime sa pleine solidarité avec le Canada pour condamner le verdict infligé à M. Spavor, et nous nous associons pour appeler à sa libération», a-t-il ajouté. De son côté, une porte-parole de Josep Borrell, le chef de la diplomatie européenne, a indiqué que «le procès s’est déroulé à huis clos, sans qu’il puisse choisir ses avocats, et il n’a eu accès qu’à une assistance consulaire sévèrement restreinte».

«Son droit à un procès équitable et à une procédure judiciaire juste, notamment le droit à un procès public, comme cela est garanti dans les textes internationaux des droits de l’Homme et le code pénal chinois, n’ont pas été respectés», a-t-elle indiqué dans un communiqué.

«L’UE a de façon répétée réclamé à la Chine de respecter ses obligations légales internationales pour garantir à M. Spavor une procédure judiciaire équitable», a-t-elle rappelé.

Hua Chunying, porte parole ministre aff étran

De son côté, Hua Chunying, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères a exhorté les pays concernés à maintenir l’État de droit, à respecter la souveraineté judiciaire de la Chine et à arrêter de faire des remarques irresponsables.

Le Canada s’allie avec une poignée de pays pour confondre le bien et le mal, sans tenir compte des faits. Ils pointent du doigt le traitement légal par les tribunaux compétents des affaires impliquant des citoyens canadiens en Chine, ce qui constitue une grave ingérence dans la souveraineté judiciaire de la Chine et une grave violation l’esprit de l’Etat de droit. La Chine condamne fermement ces agissements, a déclaré Hua Chunying.

Robert Lloyd Schellenberg, condamné à la peine de mort pour trafic de drogue, « était impliqué dans un trafic international organisé de drogue et dans la contrebande de plus de 222 kg de méthamphétamine. La quantité de drogues impliquées dans cette affaire est particulièrement importante », a indiqué Hua Chunying.

Cette dernière a indiqué que Michael Spavor a été poursuivi pour suspicion de crimes portant atteinte à la sécurité nationale de la Chine, et son cas a été examiné en mars dernier conformément à la loi.

« Les tribunaux chinois compétents ont prononcé leurs jugements en public, conformément à la loi, sur la base du procès et de l’enquête sur les crimes. Tous les droits légaux des deux individus ont été pleinement garantis », a affirmé la porte-parole.

Aucune nationalité étrangère ne peut servir de « talisman », a-t-elle ajouté, ajoutant que la Chine est un pays où règne l’État de droit, et que les autorités judiciaires traitent tous les criminels sur un pied d’égalité et traitent toutes les affaires dans le strict respect de la loi, quelle que soit la nationalité.

« D’un côté, le Canada prétend être un champion de l’État de droit et de l’indépendance judiciaire, mais de l’autre, il interfère ouvertement dans le traitement indépendant des affaires par les autorités judiciaires chinoises conformément à la loi, » a-t-elle indiqué.

Pour Hua Chunying, le Canada bafoue le principe de l’égalité de tous devant la loi, révélant pleinement son hypocrisie de deux poids, deux mesures et sa véritable intention de politiser les questions juridiques.

« Les tentatives de mener une ‘diplomatie du mégaphone’ et de s’allier contre la Chine ont échoué dans le passé, et ne réussiront jamais à l’avenir », a conclu le sujet Hua Chunying.