Le département d’État américain a exigé que la Chine libère Xu Zhangrun, professeur de droit qui a été arrêté à Beijing, après avoir critiqué publiquement le président de la République populaire de Chine, Xi Jinping.

Zhangrun, professeur de droit

«Nous sommes profondément préoccupés par la détention par la Chine du professeur Xu Zhangrun pour avoir critiqué les dirigeants chinois au milieu du resserrement des contrôles idéologiques sur les campus universitaires en Chine», a déclaré Morgan Ortagus, porte-parole du département d’État.

La Chine «doit libérer Xu et respecter ses engagements internationaux pour respecter la liberté d’expression», a-t-elle déclaré. La Chine n’a pas encore reconnu l’arrestation de ce professeur, selon les proches de Xu Zhangrun.

Le franc-parler de ce professeur de droit de 57 ans était étroitement surveillé par la Chine depuis 2019. En mai 2020, il a publié un essai exhortant les dirigeants du pays à réfléchir à la manière dont ils ont géré la pandémie de Covid-19 et à s’excuser pour leurs erreurs.

Xu Zhangrun est l’un des rares intellectuels à oser critiquer ouvertement le Parti Communiste Chinois au pouvoir, notamment au sujet de la gestion de l’épidémie de Covid-19. En février 2020, alors que l’épidémie faisait toujours rage en Chine, il a publiquement accusé les hauts dirigeants chinois d’avoir «mis la politique avant le peuple» et a écrit que le système politique du pays s’était «effondré sous la tyrannie».

Employé par la prestigieuse université Tsinghua à Beijing, Xu Zhangrun avait été suspendu de son poste en 2019, après avoir publié un article condamnant la décision de la Chine de supprimer les limites du mandat présidentiel.

La femme du professeur a reçu le 6 juillet un appel d’une personne se présentant comme un policier et justifiant l’arrestation de son mari, car il aurait eu recours aux services d’une prostituée lors d’un déplacement à Chengdu (sud-ouest de la Chine), a expliqué un proche à l’Agence France Presse.

Au début de l’année 2020, lorsque le Covid-19 a commencé à se répandre largement aux États-Unis, le Département d’État s’est mit à condamner les actions de la Chine. Le chef de la diplomatie, Mike Pompeo, a déclaré qu’il y avait «un énorme décalage» entre les politiques du président Xi Jinping et «les droits humains les plus fondamentaux».

Le 7 juillet, Christopher Wray, directeur du FBI, a lancé son propre avertissement contre la Chine qui étoufferait les critiques à l’intérieur et à l’extérieur de ses frontières. Selon lui, la Chine fait systématiquement pression sur les citoyens chinois d’outre-mer que le Parti Communiste Chinois considère comme des dissidents pour qu’ils rentrent chez eux, dans certains cas en menaçant leurs familles.

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Dans un discours prononcé mardi, le directeur du FBI, Christopher Wray, a évoqué le programme, appelé Opération Fox Hunt, dirigé par Xi Jinping. «Nous parlons de rivaux politiques, de dissidents et de critiques cherchant à dénoncer les nombreuses violations des droits de l’homme en Chine», a déclaré Christopher Wray. Il a encouragé les personnes qui craignent d’être la cible du programme à contacter leur bureau local du FBI.

Cette « Opération Fox Hunt » concerne le rapatriement par la Chine de fugitif, organisé par le ministère de la Sécurité publique. Dans le cadre de cette campagne, 627 fugitifs ont été capturés en avril 2015. Fox Hunt 2015 est un élément important de l’Opération Skynet en Chine visant des criminels économiques présumés, dont beaucoup sont des fonctionnaires corrompus.