Les Etats-Unis ont annoncé envisager une discussion avec leurs alliés sur la question d’un boycott des Jeux olympiques d’hiver de Beijing en février 2022. Cette menace a provoqué la colère de la Chine.

Mascotte JO2022

« C’est quelque chose dont nous souhaitons assurément discuter », a déclaré le 6 avril le porte-parole du département d’Etat, Ned Price, interrogé sur la possibilité pour les Etats-Unis d’un boycott conjoint avec leurs alliés.

« Nous sommes d’avis qu’une approche coordonnée ne serait pas seulement dans notre intérêt, mais également dans l’intérêt de nos alliés et partenaires », a-t-il précisé, sans révéler la position de l’administration sur la question.

Cependant, Ned Price a déclaré après sa conférence de presse sur Twitter: « Comme je l’ai évoqué, nous n’avons pas d’annonce à faire au sujet des Jeux olympiques de Pékin. 2022 est encore loin, mais nous continuerons à consulter étroitement nos alliés et partenaires pour définir nos préoccupations communes et établir notre approche conjointe envers le Parti communiste chinois. »

Plusieurs associations et hommes politiques républicains réclament un boycott américain des JO de Pékin. Ils s’appuient en partie sur plusieurs études qui accusent la Chine de persécuter les musulmans ouïghours, notamment en les plaçant dans des camps d’internement où les membres de cette minorité sont soumis, selon des témoignages de rescapés, à divers sévices.

Le chef de la diplomatie américaine, Antony Blinken, a par ailleurs repris la qualification de « génocide » pour évoquer le traitement des Ouïghours, chère à son prédécesseur Mike Pompeo.

De son côté, la Chine a dénoncé ces accusations, qualifiées de « mensonge du siècle », promettant qu’elles feraient l’objet d’une « réponse vigoureuse ». « Un soi-disant boycott commun des Jeux d’hiver de Pékin […] est contraire à l’esprit de la Charte olympique », a indiqué devant la presse un porte-parole de la diplomatie chinoise, Zhao Lijian.

Or l’administration du président Joe Biden n’a jamais écarté la possibilité d’un boycott des Jeux olympiques, sans donner de position ferme. La porte-parole de la Maison Blanche Jen Psaki avait déclaré en février que l’administration consulterait le Comité olympique américain sur la question.

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Cette dernière est d’ailleurs revenue le 7 avril sur les propos de Ned Price. «Nous n’avons pas eu de discussions et nous ne discutons pas d’un quelconque boycottage avec des alliés et des partenaires», a fait savoir la porte-parole de la Maison Blanche Jen Psaki. La veille, des déclarations du département d’État américain avaient provoqué la colère de la Chine, en laissant planer la possibilité d’une action conjointe des Occidentaux.

Dans le monde sportif, le comité olympique et paralympique américain (USOPC) a réaffirmé par la voix de sa présidente son opposition au boycottage des Jeux d’hiver de Pékin en février 2022.

«Pour nos sportifs, le seul rêve est de représenter les États-Unis d’Amérique», a indiqué Susanne Lyons, la présidente de l’USOPC, lors d’un rendez-vous avec la presse consacré aux sportifs qualifiés pour les JO d’été de Tokyo. «Nous ne croyons pas que les jeunes sportifs qui appartiennent à l’équipe des États-Unis doivent être utilisés comme des pions sur l’échiquier politique», a-t-elle insisté.

«Nous ne voulons certainement pas minimiser ce qui se passe en matière de droits humains en Chine», a assuré la patronne du sport américain, «mais les États-Unis ont plusieurs outils pour répondre de manière constructive à ces questions qui, nous le croyons, doivent être gérées par des responsables du gouvernement».